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Trudeau a demandé d’aller «au fond des choses»

Lorsqu’il a pris connaissance de l’existence possible d’un «réseau clandestin» de financement électoral lié à la Chine à travers les médias, Justin Trudeau a ordonné aux services de renseignement d’aller «au fond des choses».

C’est ce que le premier ministre a déclaré aux journalistes mercredi matin, alors que l’histoire de l’ingérence chinoise dans les élections continue de faire des vagues dans la capitale fédérale.

Le reportage initial de Global News, publié le 7 novembre et citant des sources anonymes, avançait que le bureau du premier ministre et quelques ministres du cabinet avaient été informés du financement illégal d’au moins onze candidats lors des élections de 2019.Sans démentir l’existence d’une telle opération par la Chine, M. Trudeau nie depuis plusieurs jours avoir été mis au courant de cette affaire en janvier dernier.

«Je me fais briefer régulièrement sur les enjeux qui pourraient préoccuper nos institutions et l’intégrité de nos élections, et je n’ai reçu aucune information là-dessus», a-t-il répété mercredi.

Sujet chaud en Chambre

L’affaire a rebondi lors de la période de questions à la Chambre des communes encore une fois mercredi.

Le chef conservateur Pierre Poilievre s’est saisi du dossier pour revenir sur une déclaration du premier ministre lors de son voyage en Asie, qui avait déclaré à l’époque que la Chine, comme d’autres pays, «continue de jouer des jeux agressifs avec nos institutions et avec nos démocraties».

«Quels jeux agressifs?» a demandé M. Poilievre.

En guise de réponse, M. Trudeau s’est servi des exemples fournis par la désinformation russe dans la guerre en Ukraine, de l’influence exercée par la Chine auprès de la diaspora chinoise du Canada ou encore des menaces de l’Iran à l’endroit de dissidents du régime au pays.

Rappelons que la GRC a récemment ouvert une enquête sur trois «postes de services de police» opérés de manière illicite par le Parti communiste chinois.

Le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, a accusé le premier ministre de faire le «fanfaron» en insinuant que les partis d’opposition remettent en doute le résultat des élections de 2019.«Là, il va falloir qu’il arrête de fanfaronner et qu’il nous dise qui sont les candidats que la Chine a financés et surtout, de quelle manière elle l’a fait?», a-t-il demandé.

«Le député d’en face parle de l’ingérence des élections de 2019 comme si c’était un fait. Or, faudrait pas que les Canadiens l’écoutent de trop proche parce qu’effectivement, le directeur général des élections a affirmé que rien ne portait à croire qu’il ne s’agissait pas d’élections libres et équitables», a rétorqué le premier ministre.

Ce dernier s’est fait l’écho du DG d’Élections Canada, Stéphane Perreault, qui, de passage en comité mardi, a effectivement affirmé qu’aucune preuve jusqu’à présent ne permettait de remettre en doute l’intégrité des élections de 2019 ou de 2021.«Certainement, ça prend plus qu’un article de journal», avait-il dit aux élus aux élus, en référence aux allégations de réseau «clandestin» de financement.

Les questions sur l’épineux dossier ont continué à fuser des banquettes conservatrices, jusqu’à provoquer l’agacement du premier ministre, qui n’a pas ajouté de nouveau.

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