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«Convoi de la liberté»: le Canada comparé à une république de bananes

Les banques, l’industrie automobile et les États-Unis ont fait pression sur le gouvernement Trudeau pour qu’il en finisse avec le «convoi de la liberté» qui faisait passer le Canada pour «une république de bananes». 

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Deux jours avant l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence, les grands patrons de deux des plus grandes banques du Canada, la TD et la Banque de Montréal, ont personnellement appelé la ministre des Finances, Chrystia Freeland, en pleine fin de semaine, pour secouer le gouvernement.

Lors de deux appels séparés, ils ont indiqué à Mme Freeland «qu’il y avait eu des répercussions économiques immédiates et qu’ils avaient entendu des investisseurs internationaux que la confiance dans le Canada diminuait d’heure en heure», a indiqué la ministre à la Commission Rouleau.

«J’ai passé beaucoup de temps aux États-Unis la semaine dernière et on parlait de nous comme d’une blague. Un investisseur m’a dit “Je n’investirai pas un centime de plus dans votre république de bananes”», peut-on lire dans un résumé de ces conversations déposé en preuve à la commission.

En parallèle, le premier ministre Trudeau échangeait des appels avec le président américain Joe Biden qui était inquiet que le convoi face des petits de son côté de la frontière, en particulier à Washington et en marge du Super Bowl.

Peur des délocalisations

En plus des banquiers, les grands patrons des usines automobiles fortement dépendantes du flux de marchandise sur le pont Ambassador, à Windsor, ont multiplié les appels à l’aide auprès de la ministre Freeland. Plusieurs ont dû réduire leur rythme de production durant le blocus de ce pont frontalier.

«Ceci nous affecte vraiment durement maintenant comme beaucoup d’autres, et j’ai peur du pire, les conséquences à long terme de fermer des lignes de production parce qu’on manque de pièces, va juste convaincre les compagnies automobiles de se replier encore plus et de relocaliser leur approvisionnement ailleurs», lui écrit un chef d’entreprise par message texte le 11 février.

Quelques heures après le début du blocus, la représentante démocrate du Michigan, Elissa Slotkin, a en effet déclaré que cet évènement démontrait que les États-Unis ne pouvaient pas dépendre d’autres pays pour son industrie manufacturière.

Sécurité nationale

Brian Deese, le directeur du National Economic Council des États-Unis, un acteur influent pour les échanges canado-américains, a lui aussi personnellement appelé Mme Freeland pour lui faire part de son inquiétude.

La ministre a déduit de cet appel «que les États-Unis s’attendaient à ce que le Canada reprenne rapidement le contrôle de la situation, et un échec pourrait avoir un effet dévastateur pour la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis», indique le résumé d’entrevue de Mme Freeland avec la Commission.

«Une attaque sur l’économie d’un pays peut fondamentalement miner la sécurité nationale d’un pays», a insisté Mme Freeland.

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