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Femmes autochtones : Au moins 22 cas de stérilisation forcés au Québec depuis 1980

Des femmes des Premières Nations et inuits ont subi des stérilisations imposées dans le réseau de la santé québécois entre 1980 et 2019, selon un rapport de recherche de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. C’est la première fois que ces cas sont documentés au Québec. 

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Des femmes des Premières Nations et inuits ont subi des stérilisations imposées dans le réseau de la santé québécois entre 1980 et 2019, selon un rapport de recherche de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. C’est la première fois que ces cas sont documentés au Québec. 

Le constat : au moins 22 femmes auraient subi une stérilisation forcée, sans consentement libre et éclairé. Des cas d’avortement imposé et d’autres violences obstétricales sont aussi recensés.

Le rapport de l’équipe de recherche menée par Suzy Basile, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones et la doctorante Patricia Bouchard expose les cas de 35 femmes âgées de 17 à 46 ans. Dans la majorité des cas, 63% des femmes se font proposer la ligature comme seul moyen de contraception.

«On pense qu'il y en a beaucoup plus que ça. [...] Nous avons aussi été surpris d'apprendre qu'en plus des stérilisations imposées, il y a eu aussi des cas d'avortements imposés et d'autres violences obstétricales, dont des commentaires discriminatoires au moment de l'accouchement par exemple», a déclaré Suzy Basile, professeure titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones.

Une femme raconte les propos qu’aurait tenus son médecin à son égard alors qu’elle venait d’accoucher de son deuxième enfant et n’avait que 20 ans. «Bon là, tu sais là, les enfants, tu devrais arrêter d'en faire parce qu'ils vont se retrouver en famille d'accueil. C'est comme ça pour les Indiennes, là. Puis tu devrais arrêter ça là. Après-midi il y a de la place là! Tu vas être chanceuse !» Le spécialiste faisait référence à une ligature.

Si aucun centre de santé n’est directement visé, des villes le sont, elles sont toutes à proximité de communautés autochtones. Les événements auxquels ont fait référence dans le rapport se sont déroulés à La Tuque, Sept-Îles, Roberval, Val-d’Or et Joliette, là même où Joyce Échaquan est morte. «Des femmes nous ont dit que les images de Joyce leur ont donné le courage, le goût de dénoncer elle aussi, pour que plus jamais ça ne se reproduise», ajoute la chercheuse Suzy Basile.

Déclaration des chefs

Les chefs de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador ont adopté une déclaration commune pour dénoncer les stérilisations forcées, les avortements imposés et les autres violences obstétricales et réclamer la fin de ces pratiques.

La majorité des témoignages-chocs recueillis, soit 14 sur 35, proviennent de femmes atikamekw. Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA), a aussi tenu à souligner le courage de ces femmes.

«Nos peuples ont vécu et continuent de vivre des atrocités. Il est essentiel de dénoncer ces pratiques génocidaires pour espérer un changement positif. Nos femmes sont inspirantes et nous rendent fiers, nous les accompagnerons dans leur combat qui est aussi celui de tous», a mentionné Constant Awashish, Grand Chef de la Nation Atikamekw.

Le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les inuits, Ian Lafrenière, a qualifié cette situation de « complètement inacceptable».

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