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Une substance plus puissante que le fentanyl fait deux morts au Saguenay

Une substance potentiellement plus puissante que le fentanyl est soupçonnée d'être à l'origine de deux surdoses mortelles survenues récemment au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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Il s'agit du protonitazène, un opioïde de synthèse selon la direction régionale de la santé publique.

«Les effets attendus par les gens qui le consomment ne sont pas les mêmes que ceux vraiment ressentis», a dit la docteure Catherine Habel, médecin de santé publique.

Ses effets sont encore peu connus, mais sa consommation augmente les risques de dépression respiratoire et de décès.

Selon Santé Canada, le protonitazène a été détecté pour la première fois au pays en décembre 2020 lors d'une saisie effectuée par la police de Québec.

«Les comprimés ne sont pas vendus comme étant du protonitazène, a expliqué la docteure Habel. Ils sont vendus comme étant une autre molécule donc c'est pour ça que l'on veut alerter les consommateurs.»

La santé publique a fait parvenir à ses partenaires un avis dans lequel elle suggère aux consommateurs de ne jamais consommer seul.

«On peut couper les doses donc consommer une plus petite quantité que ce que l'on consomme d'habitude et attendre de ressentir l'effet pour voir ce qui est en train de se passer, a-t-elle souligné.

L'utilisation d'un antidote comme la naloxone est aussi fortement recommandée.

«Bien que cette substance n'y répond pas très bien, il faut quand même en donner», a indiqué Catherine Habel.

Il est possible que plusieurs doses soient nécessaires pour contrer les effets d'une surdose.

«Nos équipes ont de la naloxone, a affirmé le directeur régional de la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ), Érick Tremblay. Elles sont équipées pour administrer plusieurs doses.»

La CTAQ a elle aussi été alertée par la santé publique.

«Je tiens à rappeler à la population de Saguenay qu'elle est en sécurité, a ajouté M. Tremblay. Nos paramédics ont la bonne formation et les bons outils pour répondre.»

Des trousses de naloxone sont distribuées gratuitement dans les pharmacies, mais peu de consommateurs en ont en leur possession, selon lui.

«C'est une faible proportion, a-t-il dit. Par contre, certains consommateurs en ont, mais des fois les gens n'ont pas eu le réflexe de l'administrer pensant que ce n'est peut-être pas ça ou encore, que ça va être correct.»

Le protonitazène n'est pas détectable sur les bandelettes servant à détecter la présence de fentanyl dans des comprimés.

«Nous n'avons pas eu d'autres signalements qui nous portent à croire qu'il y a eu d'autres événements pour l'instant, a affirmé la docteure Habel. Il reste que le risque est présent. Nous sommes en état de vigilance, en état d'alerte.»

La CTAQ constate, de son côté, que le nombre d'interventions qu'elle effectue en lien avec la surconsommation d'opioïdes est stable dans la région depuis plusieurs mois.

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