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«Ce que l’on se souhaite en cette fin d’année, c’est la santé»

opinions - lettre ouverte - faites la différence - Dr Mathieu Si

Photo fournie par Dr Mathieu Simon

La fin d’une année, c’est une occasion de réfléchir sur ce qui peut être mieux. 2022 est à cet effet très inspirante : atrocités en Ukraine, répression en Iran, inflation galopante, planète qui se réchauffe et arrive au bout de ses ressources, pandémie qui se rappelle à nous chaque fois que nous la croyons vaincue. Des questions autrefois existentielles devenues ces dernières années très réelles.

Le refuge de l’humain face à ces craintes a, de toutes les époques, été la force de la communauté, qu’elle soit famille, amis, travail. Les Fêtes sont là pour ça : se réjouir d’avoir traversé ensemble une autre année et se dire que nous serons là, l’un pour l’autre, pour celle qui s’annonce. Ce sont des moments précieux, qui réconfortent et créent des souvenirs qui nous soutiennent dans les moments gris de nos viesIl est essentiel de les protéger. Il en va de notre santé mentale et sociétaire.

Comment agir maintenant ?

Les deux dernières années ont été difficiles pour le festif. Couvre-feu, consignes, masques, distanciation, culpabilité, clandestinité même. Rien pour encourager la fête. Aurions-nous pu faire autrement ? On ne le saura jamais. La vraie question est plutôt comment agir maintenant pour protéger ces moments, ceux qui les font et se tourner vers l’avant.

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Contrairement à beaucoup des enjeux sociétaires où l’action individuelle semble parfois dérisoire face aux forces en mouvement, la santé est une responsabilité individuelle qui a le concret pouvoir de changer, immédiatement, le sort d’une population.

Nous confrontons encore la COVID-19. Se sont invités ces dernières semaines l’influenza et autres virus qui ensemble questionnent à nouveau notre rapport à l’autre et à notre système de santé. Cette situation n’est malheureusement pas temporaire. Elle demande une réponse raisonnée et responsable qui permettra de protéger ce que nous tenons, parfois un peu négligemment, pour acquis : la famille, les amis, le party de bureau, l’accès aux soins, la santé mentale.

Nous devons développer une nouvelle étiquette sociale en ces temps de contagion. Et pourquoi pas commencer maintenant alors que les Fêtes sont à nos portes avec toutes leurs opportunités de joies et de malheur.

Faites-vous vacciner

C’est facile. C’est sécuritaire. C’est gratuit. C’est responsable.

Seuls 20 % des Québécois détiennent aujourd’hui une protection vaccinale adéquate contre la COVID. Actualisez votre protection pour que 2023 soit enfin l’année où nous pourrons dire que la pandémie est derrière nous.

L’influenza mérite aussi considération. Après deux ans, la vulnérabilité des personnes âgées ou fragiles est plus grande. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont vécu lors de leur hiver qui s’achève une activité grippale hors norme. On s’attend ici aussi à une saison difficile.

Le retour du masque

Portez le masque. Pour vous et pour les autres. Ça fonctionne.

Nous allons bientôt converger vers les commerces pour préparer les réjouissances. Nos bulles individuelles seront grafignées. Nous ne connaissons pas l’autre que l’on croisera. Est-elle infectée ? Est-il vulnérable ? Évitons de contracter une infection au contact d’inconnus afin que les retrouvailles avec les nôtres soient plus sécuritaires. Respectons les choix individuels tout en incitant par l’exemple à poser les bons gestes.

Vous êtes malades. Restez chez vous. Même si les pressions sociales sont grandes et les occasions belles, si vous êtes grippés, fiévreux, toussoteux, déclinez l’invitation. C’est une marque de respect, de sagesse, d’amour. Faire entrer par négligence la maladie chez nos proches, c’est tout le contraire de ce que l’on cherche. On vous remerciera d’avoir été prudent, on se souviendra longtemps de votre insouciance.

Le système est là. Usons-en responsablement. Les besoins en santé sont infinis. La ressource est limitée. Si l’on pose les bons gestes et prenons les bonnes décisions, le filet de sécurité qu’est l’urgence ne sera pas débordé et le réseau pourra continuer à traiter ces maux pour lesquels la prévention est plus difficile. Faites-le pour vous protéger vous et ceux que vous aimez. Pas pour protéger le réseau. Il est là pour vous, mais vous ne souhaitez pas l’utiliser. Pas parce qu’il n’est pas bon, au contraire. Parce qu’il est là pour la maladie et que ce que l’on se souhaite en cette fin d’année, c’est la santé.

Et on peut faire plus que se la souhaiter. Cette année, on peut se la donner.

Dr Mathieu Simon, chef du département de soins intensifs à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

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