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«[Les victimes], ce n’est pas des folles!»: Nathalie Simard revient sur le procès d'Harold LeBel

En milieu de semaine, l’ex-député du Pari québécois (PQ), Harold LeBel, a été reconnu coupable d’agression sexuelle. Nathalie Simard, chanteuse, comédienne et animatrice a souhaité apporter son point de vue sur ce jugement et procès très médiatisés. 

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Dans les dernières années, Nathalie Simard a souvent été le porte-voix des victimes d’agression sexuelle.

Dans une entrevue poignante accordée à l’animateur Jean-François Guérin à l’émission «Dossiers en cours», Mme Simard s’est dite «encouragée» par le verdict.

«Lorsqu’on entend des histoires d’horreur comme celles-là, parce qu’on va se le dire, les agressions sexuelles, ça brise des vies. Je trouve ça d’une grande tristesse, mais en même temps, je trouve que c’est une magnifique victoire. Avec tout ce qui s’est passé depuis le mouvement #MeToo sur les réseaux sociaux, beaucoup de victimes ont eu de la difficulté à faire confiance au système judiciaire. [...] Ça va encourager les victimes à aller davantage devant les tribunaux», a-t-elle dit.

«Je crois que le jury a fait un excellent travail dans ce dossier. Je salue le courage de toutes les victimes qui ont eu le ‘guts’ d’y aller et de croire en notre système de justice, qui est justement en train de se réformer», a-t-elle rajouté. 

DOSSIERS EN COURS

La populaire chanteuse affirme que la réforme du système de justice est essentielle pour obtenir la confiance des victimes.

«On le sait qu’il y a un projet-pilote avec les tribunaux spécialisés pour les femmes victimes de violence conjugale et ainsi de celles qui sont victimes de violences sexuelles. [Les victimes], ce n’est pas des folles! Ce n’est pas parce qu’on ne se rappelle pas de la couleur des rideaux pis de l’heure exacte [de l’agression] qu’on est des folles!», témoigne-t-elle.

Nathalie Simard rappelle que porter plainte à la police pour une agression sexuelle, ce n’est pas quelque chose de ‘fun’ pour les victimes.

«Les conséquences sont importantes, graves et à long terme [pour les victimes]. On va mourir avec ces conséquences-là. Il faut apprendre à vivre avec, et ça, ce n’est pas fait», raconte-t-elle avec émotion.

Questionnée sur le fait que la plaignante souhaite révéler son identité au cours des prochains mois dans un documentaire, l’animatrice répond que l’important, c’est que la victime soit sortie de l’ombre et ait dénoncé.

«Je salue [son courage]. Si on reste dans l’ombre, c’est comme si on n’assumait pas pleinement ce qu’on avait décidé de faire, soit dénoncer. Je trouve ça important qu’on n’ait pas honte, qu’on enlève les masques et qu’on ose justement montrer qui on est, pour justement en inspirer d’autres. Ce n’est pas en se cachant qu’on va réussir à faire ça», rétorque-t-elle.

Un projet unique au Québec

Nathalie Simard est aujourd’hui porte-parole de la Maison la Grande Ourse Montérégie, première maison de thérapie pour survivantes d’agressions et de violences à caractère sexuel au Québec.

«La Maison la Grande Ourse sera là pour accueillir les femmes qui ont vécu ce genre de crimes, qui brisent des vies, afin de leur donner des outils», a informé Mme Simard.

L’établissement ouvrira ses portes aux victimes au mois de janvier 2023. Pour plus de détails, veuillez consulter le site web de la Maison la Grande Ourse Montérégie.

DOSSIERS EN COURS

Rappelons que la sentence d’Harold LeBel sera connue au début du mois de décembre.

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