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Stérilisations forcées: «J’espère du gouvernement qu’il ouvre une enquête»

Stanley Vollant espère que des enquêtes suivront la récente étude de l’UQAT qui révélait la stérilisation forcée de plus d'une vingtaine de femmes autochtones.

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Menée par Suzy Basile et Patricia Bouchard, l’étude de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), a été menée auprès de 35 femmes âgées de 17 et 46 ans.

L’étude révèle des faits accablants : entre 1980 et 2019, plusieurs d’entre elles se sont fait proposer la ligature comme seul et unique moyen de contraceptions.

Parmi les femmes interrogées, neuf ont été victimes d’une stérilisation imposée, tandis que trois ont été forcées d’avorter.

Une mère de 20 ans qui venait d’accoucher de son deuxième enfant se souvient, par exemple, des propos que lui a adressés son médecin.

«Vous ne trouvez pas que vous en avez assez là? C’est assez, faut que ça arrête ça. Tous les enfants que vous avez mis au monde vont tous vivre dans la misère», a-t-elle rapporté.

En entrevue à TVA Nouvelles, Stanley Vollant, chirurgien, professeur et conférencier innu, condamne ces pratiques.

«Je trouve ça inacceptable. Ça m’a vraiment choqué de voir ces chiffres-là. On connaissait déjà cette réalité-là, [mais on n’avait pas de données vérifiées]. D’avoir des statistiques, des témoignages qui ont été ramassés par les chercheurs de l’UQAT, ça donne vraiment un pouvoir à ces dires-là dont on entendait parler», explique-t-il.

La situation n’est par ailleurs pas unique à la province du Québec.

«C’est à travers le Canada aussi, dans l’Ouest canadien, le même phénomène, peut-être même un peu plus lourd encore est présent. Ça existe, on en parlait dans notre communauté, mais là on a des chiffres avec lesquels on peut aller de l’avant», explique M. Vollant.

M. Vollant appelle par ailleurs de ses vœux l’ouverture par le gouvernement d’une enquête, qui seule permettra selon lui d’apporter des changements durables.

«Le Collège des médecins va sûrement enquêter, mais je pense qu’il faut aller beaucoup plus large que ça. J’espère du gouvernement qu’il ouvre une enquête de façon plus large, parce que ce ne sont pas seulement les médecins qui sont impliqués, il y a d’autres quarts de métier qui sont impliqués dans ces problématiques-là, explique-t-il.

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