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L’avenir du climat, c’est la ville carboneutre

Photo courtoisie, Pablo Garcia de Paredes

Les institutions sont le reflet de nos luttes. Les grands changements positifs ne se produisent que lorsque le consensus social est inéluctable, c’est-à-dire lorsqu’il n’y a pas d’hypocrisie sociale. Il n’y a AUCUN intérêt à faire semblant. Mieux vaut voir le changement à la racine. Cela s’applique au climat. Les villes sont la grande invention de l’être humain, mais la ville pétrolière et polluante est une invention du XXe siècle, plus précisément de la Pax Americana dans laquelle nous vivons. 

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Le Commonwealth britannique et les États-Unis ont combattu les nazis en Égypte et au Maghreb pendant la Seconde Guerre mondiale parce qu’ils savaient que celui qui avait le pétrole gagnerait la guerre, mais aussi la paix. Près de 80 ans plus tard, nos sociétés sont dépendantes du pétrole. Nos villes sont une mer de plastique et nos vies sont conditionnées par l’utilisation des combustibles fossiles. Sinon, il suffit de regarder ce que la guerre en Ukraine a fait aux prix de l’énergie et des aliments dans le monde. 

Transformation des villes

Il y a deux raisons principales qui poussent à la réorganisation de nos villes. D’abord, le fait que les villes sont organisées autour de l’automobile. Peu importe que cette voiture soit électrique ou à essence, il y aura une crise climatique si nous ne changeons pas la ville. 

Le deuxième point est que la paix mondiale dépend aussi d’une énergie bon marché. Aujourd’hui, un pays qui renoncerait volontairement à une énergie bon marché serait laissé pour compte et plongé dans une crise sociale. Renoncer à une énergie bon marché est un suicide géopolitique et économique si nous ne changeons pas d’abord les villes. 

L’énergie fossile

La raison de ce deuxième point est encore une fois la même, si les villes sont organisées pour la consommation d’énergie fossile, alors la COP, l’ONU, Paris, ou tout autre institution ou accord importe peu. 

Si nous voulons vraiment éviter une catastrophe climatique, arrêtons l’hypocrisie et changeons les villes. Cela passe par un changement dans les transports, par l’amélioration de l’architecture des résidences et de leur accessibilité économique pour tous, par l’augmentation de la densité de la population, par la fin des banlieues à basse densité, par la proximité de l’emploi par rapport à la résidence en facilitant le changement de résidence en cas de changement d’emploi, par l’amélioration des déplacements à pied, par l’amélioration des espaces publics pour développer la consommation de divertissements et non la consommation d’objets, par la mise en place du recyclage, et surtout par l’obligation aux producteurs des produits de consommation dans les supermarchés de proposer des emballages recyclables. 

Il y aura d’autres choses sur la liste, mais l’important est que le changement soit perçu dans l’espace de la ville – miroir de nos modes de vie – et non sur le papier. 

Pablo Garcia de Paredes,
Architecte et étudiant à temps plein au doctorat en architecture Québec

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