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Encore trop de féminicides au Québec: «Un bon nombre de cas étaient connus par les policiers»

Les féminicides sont trop nombreux à défrayer les chroniques, et on apprend souvent que la police était non seulement au courant, mais aussi qu’elle était déjà intervenue.

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C’est ce que déplore Louise Riendeau, coresponsable des dossiers politiques chez Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC).

«Oui, malheureusement, effectivement, un bon nombre de cas étaient connus par les policiers. On n’a peut-être pas toujours estimé les risques qu'ils comportaient. C’est pour ça que nous on dit qu’il faut former tout le monde pour qu’on soit bien capable d’évaluer les risques», explique Mme Riendeau en entrevue à TVA Nouvelles.

La coresponsable des dossiers politiques rappelle de surcroit que selon certaines statistiques, 92 % des homicides liés à la violence conjugale sont précédés de gestes de contrôle au sein du couple.

«[On doit comprendre] qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait eu des agressions physiques pour qu’on soit face à des risques de féminicide. On le sait que souvent, il y avait des gestes de contrôle coercitif, toutes sortes de petites manifestations qui isolément peuvent avoir l’air anodines, qui ne sont pas de graves agressions physiques, mais qui peuvent nous laisser présager qu’il y aura mort suite à ça», explique Mme Ridendeau.

Bracelets antirapprochement

Au printemps dernier, un projet pour lutter contre la violence conjugale testait l’utilisation de bracelets antirapprochement dans la région de Québec. L’initiative devait par la suite être déployée partout dans la province.

«On sait très peu de choses sur le déploiement des bracelets antirapprochement. J’ai lu dans un rapport au sénat dernièrement qu’il y en avait eu trois d’utilisés depuis le printemps. Mais on n’a pas eu d’information directe de la part du ministère de la Sécurité publique», relate Mme Riendeau.

Bien que le déploiement de ces bracelets aurait peut-être pu prévenir certains féminicides qui affligent la province, ces outils technologiques ne représentent pas une panacée pour Mme Riendeau.

«Il faut avoir une évaluation. Nous on était d’accord avec l’idée d’un projet pilote. Même si c’est un mécanisme qui est prometteur, qui est rassurant pour beaucoup de victimes, il faut mettre au clair que les ondes cellulaires ne se rendent pas partout en milieu rural, mais parfois même en zone urbaine», explique-t-elle.

Pour Mme Riendeau, une évaluation sérieuse est nécessaire, puisqu’il est primordial de ne pas donner un faux sentiment de sécurité aux victimes.

Au total, 14 féminicides sont survenus au Québec depuis le début de l’année.

Pour toute demande d’aide, contactez SOS Violence conjugale, 24 heures sur 24 / 7 jours sur 7, au 1 800 363-9010

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