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Conduite dangereuse: un ex-policer s'en tire avec une peine dans la collectivité

Un policier de Saguenay, aujourd'hui à la retraite, est condamné à 12 mois de prison à purger en société pour avoir heurté un motocycliste en mai 2020.

Rodrigue Jobin, atteint de la sclérose en plaques, a reconnu avoir conduit dangereusement et blessé gravement un motocycliste en mai 2020 à Chicoutimi.

Il échappe à la prison ferme en raison d'un changement législatif à la Loi C-5 en vigueur depuis le 17 novembre dernier, et qui apporte plusieurs modifications au Code criminel et à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

Le policier à la retraite devra, par la suite, respecter un couvre-feu jusqu'à la fin de sa sentence de 12 mois en collectivité.

La direction des poursuites criminelles et pénales réclamait initialement entre 12 et 18 mois de prison ferme.

«C'est probablement le genre de peine que j'aurais plaidé lorsqu'on a fait les représentations si ça avait été admissible, mais ce ne l'était pas le cas à ce moment-là, a expliqué le représentant de la Direction des poursuites criminelles et pénales, Me Michaël Bourget. Le 17 novembre, la détention dans la collectivité a été réinstaurée pour le type de crime dont M. Jobin est accusé.»

Photo d’archives, TVA

C'est ce qui a poussé les parties à s'entendre sur une suggestion commune à laquelle le juge a adhéré.

«Il a eu un bon "timing" si vous me permettez l'expression anglaise», a admis l'avocat de la défense, Me Luc Tourangeau.

L'ex-policier n'aurait jamais dû se trouver au volant de sa décapotable cette journée-là, puisqu’il lui était interdit de la conduire en raison de son état de santé.

Il a eu un spasme à une jambe et son pied est resté coincé sur l'accélérateur, heurtant de plein fouet un motocycliste de 55 ans.

«C'est évident que pour lui, ça aurait été très difficile de se retrouver dans un centre de détention, a souligné Me Tourangeau. Sa condition médicale nécessite beaucoup d'aide et beaucoup d'appareils spécialisés, mais il était prêt à subir les conséquences.»

Écoutez la rencontre Gibeault-Dutrizac avec Nicole Gibeault, juge à la retraite sur QUB radio : 

«Il n'est pas un risque pour la société, ni un danger pour personne, c'est pour ça qu'on considère que c'est un risque assumable pour la société de lui faire purger sa peine à domicile», a indiqué Me Bourget.

La victime, qui était absente du tribunal, a eu une jambe amputée, en plus de subir deux arrêts cardiaques sur la table d'opération.

Il devra vivre avec les séquelles de cet accident pour le restant de ses jours.

«Mon client a eu sa leçon, a assuré l'avocat Luc Tourangeau. Comme il disait au juge, à tous les jours il y pense et il va continuer à y penser jusqu'à la fin de ses jours.»

L'état de santé de l'accusé s'est détérioré depuis l'accident. Il n'est plus en mesure de se déplacer sans son fauteuil roulant.

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