/news/coronavirus

Des manifestants chinois ont reçu un appel téléphonique de la police

Des manifestants qui avaient protesté dimanche à Pékin contre les restrictions sanitaires et en faveur de plus de libertés ont été contactés par téléphone par la police qui les a interrogés sur leur présence au rassemblement, a rapporté l'un d'eux lundi à l'AFP. 

• À lire aussi: Pékin cernée de policiers après les manifestations anti-COVID

• À lire aussi: Derrière les manifestations en Chine, une frustration politique

• À lire aussi: EN VIDÉO | Un journaliste de la BBC «battu et frappé par la police» en Chine

La question se pose de savoir comment la police est parvenue à découvrir l'identité de certains manifestants, quand la grande majorité d'entre eux n'ont pas vu leurs documents d'identité contrôlés lors du rassemblement de dimanche, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dimanche, une foule de manifestants, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, est descendue dans la rue notamment à Pékin, Shanghai et Wuhan, prenant les forces de l'ordre au dépourvu. Par son étendue sur le territoire, la mobilisation a semblé être la plus importante depuis les rassemblements prodémocratie de 1989, durement réprimés.

AFP

Une manifestante a déclaré lundi soir à l'AFP qu'elle et cinq de ses camarades qui avaient également manifesté dimanche dans la capitale avaient reçu un appel de la police de Pékin.

Le policier «a dit mon nom et m'a demandé si j'avais été à la rivière Liangma la nuit dernière... Il m'a demandé précisément combien de personnes s'y trouvaient, à quelle heure j'y étais, comment j'en avais entendu parlé», a raconté cette manifestante, qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité.

«La police a souligné le fait que la manifestation d'hier soir était illégale et nous a demandé si nous avions des exigences que nous souhaiterions leur communiquer via les canaux légaux».

Elle a précisé que le policier lui avait parlé d'un «ton égal» durant ce bref appel, et lui avait enjoint de ne pas assister à de futurs rassemblements.

Dans un cas, la police s'est déplacée au domicile de ses camarades, car ils refusaient de répondre au téléphone, a-t-elle indiqué, ajoutant qu'elle ferait «son possible pour continuer» à manifester.

AFP

«Je n'aurais jamais pensé que la société civile s'engagerait dans ce type de mouvement en Chine», a-t-elle commenté.

À Shanghai, un journaliste de l'AFP, témoin de plusieurs arrestations, a constaté que la police avait vérifié de force si le téléphone d'un manifestant possédait des applications de réseaux sociaux étrangers, bloquées en Chine et que certains utilisent pour diffuser des informations sur les manifestations. 

Sur les réseaux sociaux chinois et applications cryptées, inaccessibles en Chine sans logiciel spécialisé, les manifestants partagent des conseils, notamment juridiques, sur ce qu'il convient de faire en cas d'arrestation ou d'interrogatoire par la police.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.