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Le présumé espion chinois d'Hydro-Québec remis en liberté

L’ex-employé d’Hydro-Québec accusé d’espionnage au profit de la Chine pourra retrouver sa liberté en attendant son procès.  

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«Il n’est pas nécessaire d’ordonner la détention de Wang jusqu’à son procès», a affirmé le juge Marco Labrie, lundi matin, au palais de justice de Longueuil. 

Yuesheng Wang pourra donc retourner chez lui, à Candiac, en attendant la suite des procédures judiciaires. 

«Le risque zéro n’existe pas. Mais la cour est convaincue que les probabilités sont beaucoup plus élevées que M. Wang demeure au Canada, qu’il soit présent pour assister à son procès et témoigner, que les probabilités qu’il s’enfuisse et ne soit pas présent à son procès», a justifié le juge Labrie.

Wang est accusé d’espionnage pour avoir obtenu des secrets industriels dans le cadre de ses fonctions à Hydro-Québec, de fraude pour avoir obtenu des secrets industriels, d’utilisation non autorisée d’ordinateurs et d’abus de confiance par un fonctionnaire public. 

L’ex-chercheur à Hydro-Québec risque jusqu’à 14 ans de prison. 

«Il est difficile de se prononcer sur les probabilités de condamnation», a toutefois mentionné le juge Labrie.

Écoutez la chronique faits divers de Maxime Deland, journaliste à l’Agence QMI sur QUB radio:

Sérieuses garanties

Selon le magistrat, la défense a offert de «très sérieuses garanties» à la cour. 

Wang devra notamment contracter une hypothèque judiciaire de 200 000$ sur son domicile de Candiac et son condo de Montréal. Il ne pourra pas quitter le Québec, devra remettre son passeport chinois pour toute la durée des procédures et avoir en tout temps son téléphone cellulaire avec lui afin que la GRC puisse le géolocaliser. 

Témoignage rare

L’avocat de Wang estime que le témoignage de son client lors de l’enquête sur remise en liberté a fait toute la différence. 

«Le juge a vu une défense, a vu une explication sur certains faits qui semblaient évidents au départ de par la preuve de la poursuite», a expliqué Me Gary Martin.

Il a précisé avoir pris «un certain risque» en le faisant témoigner. 

«Wang a choisi de témoigner, alors qu’il avait le droit de garder le silence. Il a témoigné longuement relativement à chacun des reproches. Il a nié avec vigueur la majorité des faits reprochés», a souligné le juge Labrie. 

Écoutez l'entrevue avec Michel Juneau-Katsuya, ancien chef du bureau Asie/Pacifique au SCRS à l’émission de Guillaume Lavoie diffusée chaque jour en direct via QUB radio:

«Je ne veux pas me sauver, je dois laver ma réputation», avait alors dit l’homme de 35 ans. 

La poursuite a soutenu la semaine dernière que l’accusé avait transféré des documents confidentiels à son adresse courriel professionnelle et à son adresse privée, avait publié des recherches pour des entités chinoises et envoyé des matériaux en Chine, alors qu’il était à l’emploi d’Hydro-Québec.

Yuesheng Wang sera de retour en cour le 13 décembre prochain. 

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