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Ils auraient feint de l'exécuter: l’itinérant talonné par l’avocat d’un des policiers

GEN - PIERRE-LUC FURLOTTE

Photo Martin Alarie

L’itinérant qui aurait subi un simulacre d’exécution par des policiers du centre-ville de Montréal s’est fait durement talonner par la défense, lors de son contre-interrogatoire où il s’est fait rappeler son historique criminel.

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« Je ne suis pas un criminel de carrière, c’est la consommation [de drogue] qui me pousse à commettre des crimes, c’est comme ça », a laissé tomber Tobie-Charles Angers-Levasseur, ce mardi au palais de justice de Montréal.

C’est qu’après raconté comment les policiers Pierre-Luc Furlotte et Patrick Guay l’auraient maltraité en mars 2010, il était cette fois contre-interrogé par la défense qui n’a pas manqué de s’attaquer à sa crédibilité.

Patrick Guay

Photo Martin Alarie

Patrick Guay

Petits larcins

Vols, méfaits, bris de probation, possession d’héroïne en vue d’en faire le trafic.. Depuis qu’il est adulte, l’itinérant a de nombreux antécédents judiciaires, a fait remarquer Me Michel Massicotte.

« J’ai commis des crimes, mais pas durant la période en question [en 2010], a concédé M. Angers-Levasseur. Je mendiais pour acheter de la drogue, et si en acheter dans la rue est un crime, alors je suis criminel depuis l’adolescence. J’en ai commis hier, quand je me suis procuré de la drogue dans la rue. »

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Mais l’itinérant est formel, tout son témoignage de lundi, au procès des policiers Furlotte et Guay, est véridique. Il a affirmé avoir été arrêté pour avoir lancé un arbuste dans la rue au centre-ville de Montréal, pour ensuite subir des insultes par des patrouilleurs. Furlotte et Guay l’auraient ensuite emmené à l’autre bout de la ville, menotté et avec un sac de plastique sur la tête, pour ensuite simuler son exécution avec leur pistolet de service.

Les deux policiers, qui sont accusés de séquestration, voies de fait et menaces, ont tous deux plaidé non coupables.

Pierre-Luc Furlotte

Photo Martin Alarie

Pierre-Luc Furlotte

Mémoire testée

Mais après avoir souligné les antécédents criminels de l’itinérant, la défense s’est ensuite affairée à s’en prendre aux détails des différentes versions données aux enquêteurs au fil du temps.

« Lors de ma déclaration vidéo aux policiers, j’étais en sevrage d’héroïne, ça faisait plusieurs semaines que je ne dormais pas, a expliqué M. Angers-Levasseur. J’ai fait des erreurs sur des dates, j’avais fait du mieux que je pouvais. »

Le procès, devant la juge Geneviève Graton, est prévenu pour deux semaines. 

En plus de s’attaquer à la crédibilité de l’itinérant, la défense mise également sur une requête en arrêt des procédures, en lien avec la façon dont l’enquête contre Guay et Furlotte a été menée.

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