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Souveraineté de l’Alberta: Trudeau ne ferme pas la porte à une contestation

Justin Trudeau ne ferme pas la porte à une contestation de la loi sur la souveraineté de l’Alberta qui cherche à accorder à la province des pouvoirs extraordinaires, dont celui d’empêcher des lois fédérales de s’appliquer sur son territoire.

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«Je sais qu’il a beaucoup d’Albertains qui expriment déjà leur frustration par le fait que le gouvernement de l’Alberta est en train de choisir d’aller autour de la législature, de dévaloriser le travail des parlementaires», a déclaré le premier ministre en mêlée de presse mercredi.

  

M. Trudeau a indiqué que son gouvernement examinerait «attentivement ce qui est proposé par l’Alberta», mais qu’il veut d’abord voir «ce que les Albertains vont dire et vont faire eux-mêmes» avant d’aller plus loin.

«Idéalement, ça va être les Albertains eux-mêmes qui vont se préoccuper avec les nouveaux pouvoirs exceptionnels que la première ministre s’est donnés», a-t-il ajouté.

«Tout est sur la table, mais je ne cherche pas la chicane non plus», a-t-il admis en anglais.

Un coup d’éclat contre Ottawa

La loi sur la souveraineté de l’Alberta, proposée par la nouvelle première ministre conservatrice Danielle Smith, entend offrir au cabinet provincial le pouvoir de modifier des lois provinciales sans passer par le long processus parlementaire typique.

Le projet de loi propose aussi de protéger la province de ses employés et des organismes qu’il gère de certaines poursuites judiciaires.

«Vous ne pouvez pas changer les relations constitutionnelles sans bousculer les choses, et nous bousculons les choses», a dit Danielle Smith lors d’une conférence de presse mardi.

Les conservateurs restent prudents

Malgré les nombreux atomes crochus avec le United Conservative Party (Parti conservateur uni) de l’Alberta, les conservateurs fédéraux se sont montrés avares de commentaires dans ce dossier explosif mercredi matin.

«Tout ce qui touche à cette décision-là de l’Alberta, nous, de notre côté, on ne s’en mêle pas», a déclaré Pierre Paul-Hus, lieutenant conservateur pour le Québec. «C’est une décision du gouvernement de l’Alberta. On va voir où ça mènera, mais pour l’instant, ça n’a pas d’impact dans notre parti.»

Sans commenter directement la loi sur la souveraineté, le député Garnett Genuis, élu tout près d’Edmonton, en Alberta, a toutefois accusé le fédéral d’«exacerber» les «tensions» avec les provinces de l’Ouest.

«Il doit y avoir un changement politique au niveau fédéral qui, je crois, fera la promotion de l’unité nationale et calmer les tensions qui existent», a-t-il dit.

Fidèle à son habitude depuis son arrivée à la tête du Parti conservateur du Canada en septembre, le chef Pierre Poilievre n’est pas apparu devant les journalistes.

Blanchet pour un référendum, Singh pour une contestation

Amusé par la nouvelle provenant de l’Ouest, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a soutenu que l’Alberta devrait envisager un référendum s’il envisage réellement de devenir souverain.

«Si elle réussit à faire de l’Alberta un pays, j’en serais un peu jaloux», a-t-il dit en anglais. Il croit cependant que la manœuvre de Mme Smith vise plus à montrer que la province a «des gros bras» pour contrer Ottawa que réellement atteindre une forme d’indépendance.

De son côté, le chef du NPD Jagmeet Singh réclame déjà que le gouvernement s’affaire à la préparation d’une contestation en cour.

«C’est horrible ce qu’elle a proposé, et le fait qu’elle est complètement déconnectée de la réalité des gens, ça démontre une grande menace pour les gens en Alberta», a-t-il lancé.

«Cette [loi] ne va rien faire pour les gens et a le potentiel d’empirer la situation si Danielle Smith utilise ce projet de loi pour aller contre des lois canadiennes comme la Loi canadienne sur la santé», qui forcerait les gens à «payer» pour avoir accès aux soins, a-t-il ajouté.

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