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Les urgences pédiatriques de Québec débordent comme jamais

La situation continue de se dégrader dans les urgences et unités de soins pédiatriques de la région de Québec. Les taux d’occupation record, allant jusqu’à 150 % dans certains hôpitaux, forcent le personnel à mettre en place des mesures «exceptionnelles».

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Au CHUL de Québec, le taux d’occupation de l’urgence est passé de 120 % à 140 % en une semaine.

Les lits de soins intensifs pour enfants sont occupés à 117 % et dans les unités de soins pédiatriques, tous les lits de débordements sont remplis. 

Pour la pédiatre et intensiviste Macha Bourdages, il s’agit d’un niveau d’achalandage jamais vu depuis la création du Centre mère-enfant Soleil, il y a 20 ans.

«Ça vient mettre beaucoup de pression sur le personnel, qui était déjà fatigué de la pandémie, dit-elle. On doit offrir la même qualité de soins, alors ça amène les gens à faire beaucoup de temps supplémentaire», explique la médecin qui est cheffe de service des soins intensifs pédiatriques du CHU de Québec.

Des plans de contingence doivent être mis en place, ce qui pousse le Centre mère-enfant à devoir reporter un nombre «exceptionnel» de chirurgies, ajoute-t-elle.

La situation n’est pas mieux sur la Rive-Sud de Québec, où le taux d’occupation des unités de pédiatrie a grimpé jusqu’à 150 % selon les journées, indique le CISSS de Chaudière-Appalaches.

«Il faut rester constamment en alerte. On s’attend à des vagues encore très importantes au cours des prochains mois», affirme la Dre Catherine Déry, pédiatre à l’hôpital de Saint-Georges.

Des virus qui frappent fort

Parmi les enfants hospitalisés, on retrouve beaucoup de tout-petits de moins de deux ans aux prises avec des difficultés respiratoires, en particulier chez les moins de six mois, qui ont parfois besoin d’assistance respiratoire à cause notamment du fameux virus respiratoire syncytial (VRS).

Pour limiter les risques, les pédiatres demandent aux parents qui ont un bébé à la maison de ne pas participer à de grands rassemblements familiaux pendant le temps des Fêtes et de laisser leur petit à la maison, loin des lieux publics achalandés.

«Il faut essayer de faire son magasinage des Fêtes en laissant le bébé à la maison», indique la Dre Bourdages.

Si possible, les parents en congé parental devraient aussi songer à retirer de la garderie les frères et sœurs d’un nouveau-né, puisque les virus circulent beaucoup dans les services de garde, ajoute la Dre Déry.

Le pire à venir?

De son côté, le virologue Benoit Barbeau rappelle que la saison grippale ne fait que commencer, puisque son point culminant se situe habituellement entre décembre et février.

«Et ça ne veut pas dire que parce que ça commence plus tôt, ça va se terminer plus tôt», prévient ce professeur de l’UQAM.

La recrudescence des virus respiratoires, après deux années marquées par l’omniprésence de mesures sanitaires, est un passage obligé vers un retour à la vie normale, rappelle-t-il. 

Taux d’occupation au CHUL de Québec 

  • Urgence : 140 %
  • Soins intensifs pédiatriques : 117 %
  • Unités de soins pédiatriques (lits de débordements compris) : 100 % 

Taux d’occupation dans les hôpitaux de Chaudière-Appalaches 

  • Unité de pédiatrie : jusqu’à 150 % selon les journées
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