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Handicap : sans prestation depuis la pandémie

Après la perte de son emploi, un jeune homme de 27 ans qui vit avec des limitations intellectuelles écope encore financièrement de la pandémie.

Nick Beaupré a 27 ans et il a bien de l’ambition. Malgré ses limitations intellectuelles, il a un appartement, son permis de conduire et avait même un travail dans un restaurant, subventionné par Emploi-Québec. «Ma tâche principale c’était de laver la vaisselle, mais aussi aide-cuisinier, je préparais la pizza, les poutines», a affirmé M. Beaupré. 

L'homme bénéficiait du programme de Sécurité du Revenu, avec un supplément de 300$. Son emploi était surtout pour se valoriser et s’épanouir. «Être avec le monde, travailler, me sentir comme une personne normale. Pas être chez moi à rien faire ce n’est pas ça que je vise», a-t-il expliqué. 

Mais en octobre 2020, il a perdu son emploi à cause de la pandémie. 

Il s’est alors retrouvé à devoir demander de l’Assurance-emploi. 

Une mauvaise surprise l’attendait à la fin de ses prestations : son supplément de 300$ de Sécurité de Revenu lui est retiré. 

Selon les explications des intervenants à sa mère, les prestations qui lui ont été versées étaient des prestations régulières et non pas en lien avec une perte d’emploi à cause de la pandémie. 

Résultat : Il a perdu toute son ancienneté dans le programme. «Il faut recommencer à zéro, il faut refaire une période de 66 mois de prestation complète pour être capable de récupérer le supplément auxquelles il avait droit», a décortiqué sa mère, Claudie Beaupré. 

M. Beaupré peine maintenant à payer son appartement. Il a peur de mettre un autre rêve derrière lui. «Je me couche tard, je me lève tard, je ne dors pas beaucoup et je ne mange presque pas», a rapporté l' homme de 27 ans. 

Démarches infructueuses

Toutes les démarches pour rectifier la situation n’ont jusqu’ici rien donné. 

«Je trouve ça plate qu’on en arrive là après autant de combats. Ce n’est pas une mince affaire entrer sur le marché du travail. Vraiment, on veut que la situation se dénoue et qu’on ne le pénalise pour avoir intégré le marché de l’emploi», a déploré sa mère. 

«Je crois qu’il est injustement pénalisé financièrement pour avoir eu le courage de vouloir une vie la plus normale que possible. J’ai tenté des démarches pour rétablir la situation auprès de certaines instances, mais malheureusement, je n’ai pu faire entendre ma voix. Je me suis heurtée à une machine», s'est désolée celle qui est aussi administratrice du dossier. 

M. Beaupré n’aura pas non plus accès à la réforme du programme de Sécurité du Revenu, prévu pour janvier 2023, qui lui aurait permis d’avoir des prestations plus généreuses. «Parce qu’une les conditions d’admissibilité et d’avoir obtenu 66 mois de prestation dans les 72 derniers mois», a dit sa mère. 

Devant l’incertitude, le duo préfère attendre avant de chercher un nouvel emploi. Mais déjà, M.Beaupré a des idées. Il aimerait être livreur. «J’aime me conduire. Je suis dans ma bulle et je suis seul au monde et je ne pense à rien d’autre que conduire», a-t-il avoué. 

« C’est un objectif de vie. Il avait 13-14 ans et il disait, moi je veux avoir un appartement, mon travail. Un des rêves qu’il a est de faire partie de la société et de participer », a affirmé sa mère.

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