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Jusqu’à 211 millions $ pour les caméras policières

L’étude du ministère de la Sécurité publique juge que leur utilisation est peu concluante

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COURTOISIE/SERVICE DE POLICE DE LA VILLE DE MONTRÉAL

Le déploiement des caméras portatives pourrait coûter jusqu’à 211 millions $ par année, selon le rapport de recommandations du Ministère de la Sécurité publique du Québec.

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Si le Ministère de la Sécurité publique (MSP) décide d’aller de l’avant avec le projet d’équiper de caméras portatives certains services de police du Québec, les coût pourraient varier de 22 millions $ à 211 millions $ par année. 

C’est ce qu’on peut apprendre du Rapport composé de huit recommandations sur l’utilisation des caméras portatives au Québec, qui vient d’être rendu public par le ministère. 

Selon ce rapport, trois scénarios contenant des situations à filmer ont été formulées afin d’évaluer les coûts annuels : 

  • l’interpellation policière, l’interception d’un véhicule à la suite d’une infraction, l’intervention policière avec risque de blessures graves ou la mort, et l’emploi de la force : 22 477 085 $
  • l’ajout de situations en flagrant délit : 32 436 530 $
  • toutes les interventions entre les citoyens et les policiers : 211 288 403 $.

Pour les fins de l’analyse, les coûts sont ceux attribués à l’équipement, aux organisations policières, au Centre national de traitement de vidéos, pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et pour le Ministère de la justice du Québec (MJQ). 

Utilisation non concluantes

Toujours selon le rapport, le projet pilote qu’avait mis sur pied le SPVM en 2015 – 2016 n’a pas donné les résultats escomptés.

« L’expérience du projet pilote n’a pas permis de démontrer sans équivoque que les caméras portatives favorisent la transparence des interventions policières et consolident le lien de confiance entre le policier et le citoyen, ainsi que la sécurité des policiers », peut-on lire dans le rapport. 

Quant au système judiciaire, le rapport met aussi en lumière plusieurs impacts négatifs sur le système judiciaire, notamment la nécessité de recourir à des changements législatifs, l’absence complète d’arrimage technologique et l’augmentation de la charge de travail. 

Au niveau de la Sûreté du Québec, les conclusions ne sont pas encore connues, mais le rapport dresse une analyse préliminaire.

« L’utilisation de caméras portatives n’a pas entraîné de baisse significative dans le volume de patrouilleurs ayant eu recours à la force», est-il écrit dans le rapport.

On indique également qu’elles n’ont pas entraîné de baisse significative dans le nombre de plaintes enregistrées à l’endroit de policiers.

Les huit recommandations :

1- Établir des règles de gouvernance uniques et uniformes à l’ensemble du Québec ;

2- Rendre obligatoire l’utilisation d’une solution technologique et d’un modèle unique de caméra portative pour l’ensemble des corps de police du Québec ;

3- Déployer les caméras portatives selon un plan progressif dans le temps ;

4- Ordonnancer le déploiement selon des critères préétablis ;

5- Établir les modalités opérationnelles uniformes et universelles d’utilisation des caméras portatives applicables à l’ensemble des policiers munis d’une caméra portative ;

6- Établir une sélection d’événement devant obligatoirement faire l’objet de l’activation de la caméra et voir à son application progressive en fonction de l’hypothèse retenue ;

7- Créer un Centre national de traitement des vidéos afin d’assurer le traitement uniforme des vidéos et les arrimages nécessaires à l’administration de la justice ;

8- Arrimer le déploiement à l’évolution technologique de l’administration de la justice dont la fin est prévue pour le printemps 2025.

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