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«Sextorsion»: les garçons de plus en plus ciblés par des arnaqueurs du web

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Après les jeunes filles, de plus en plus de jeunes garçons sont la cible d’arnaqueurs sur le web qui utilisent des photos d’eux nus pour leur soutirer de l’argent ou d’autres images intimes.

Le phénomène qu’on appelle «sextorsion» touchait jusqu’à maintenant principalement les jeunes filles, mais la situation a évolué dans les derniers mois. Pour les six premiers mois de 2022, 9 signalements sur 10 de sextorsion chez Cyberaid.ca touchaient des garçons.

En entrevue à l’émission J.E, René Morin, porte-parole du Centre canadien de protection de l’enfance et son site Cyberaide.ca, explique que le stratagème le plus souvent utilisé par les sextorqueurs repose sur l’impulsivité des garçons. Selon lui, les victimes croient communiquer avec une très jolie jeune fille qui va se dévêtir et lui demande d’en faire autant. 

Capture d’écran fatale

«Le sextorqueur va faire une capture d’écran et ensuite demander de l’argent au jeune pour ne pas que la photo ou la vidéo soit envoyée à tous ses contacts.»

M. Morin affirme que les jeunes qui demandent de l’aide sont habités par un sentiment de honte et sont carrément terrorisés. Ils ne sont pas à armes égales avec ceux qui s’en prennent à eux. Bien souvent, ce sont des organisations criminelles à l’étranger, dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou les Philippines. 

René Morin, du Centre canadien de protection de l'enfance, cyberaide.ca.

Photo capture d'écran, J.E

René Morin, du Centre canadien de protection de l'enfance, cyberaide.ca.

Lorsqu’on leur donne de l’argent, les sextorqueurs vont souvent en demander plus. René Morin invite les victimes à ne pas leur donner ce qu’ils veulent.

L’unité d’exploitation sexuelle des enfants sur internet de la Sûreté du Québec constate également une hausse importante de plaintes de sextorsion qui cible des adolescents de 15 à 17 ans pour obtenir de l’argent. 

Hacker leurs comptes

La sergente Katherine Guimond souligne qu’on s’en prend aux jeunes filles et aux garçons pour d’autres raisons.

«[Ils font ça] dans un but d’obtenir des images sexuelles de ces enfants-là, qui vont hacker leur compte pour obtenir des vidéos, faire des menaces.»

La SQ constate aussi des cas d’auto-exploitation des mineurs qui est aussi à la hausse. Ce sont des jeunes qui vont se dévêtir pour se filmer et publier les images sur les réseaux sociaux. 

«Ils pensent les garder en privé sur leur compte. Mais ça peut devenir accessible.» 

Nos enquêtes portent sur enfants aussi jeunes que six ans, dit Katherine Guimond. 

«Ils ont accès au téléphone, ils ont des comptes sur les réseaux sociaux. Ils vont dans la chambre ou la salle de bain pour se filmer en train de se toucher ou faire des actes sexuels», soutient la policière en précisant que tout cela se fait souvent à l’insu des parents.

Quoi faire si votre ado se fait «sextorquer»? 

  • Gardez votre calme et faites un signalement à cyberaide.ca ou contactez votre service de police. 
  • Dites à votre ado de couper immédiatement la communication avec le sextorqueur sans supprimer le compte
  • Ne cédez SURTOUT pas aux menaces du sextorqueur
  • Conservez les conversations ou une copie
  • Présentez à votre ado des ressources qui pourraient l’aider, comme les sites AidezMoiSVP.ca et Cyberaide.ca.

Des photos de nu échangées

L’échange de photos intimes chez les jeunes est un phénomène répandu dans plusieurs écoles secondaires au Québec.

Les policiers qui travaillent dans les polyvalentes doivent régulièrement intervenir auprès des ados pour les prévenir des risques qu’ils courent à partager de telles photos.

Un des problèmes est que l’échange de «nudes» est devenu une normalité pour les jeunes, nous confie l’agent James Brito de la police de Gatineau. Les «nudes» est l’expression qui désigne les photos intimes que se partagent les jeunes.

Le policier qui travaille dans les écoles depuis trois ans constate que c’est devenu si banal que les jeunes échangent des «nudes» comme des cartes de hockey. «Je t’échange deux photos contre une», c’est devenu une réalité selon l’agent Brito.

Message clair

Dans ces dossiers, je vois que les jeunes sont naïfs, qu’ils vivent dans le moment présent et qu’ils ne pensent pas au futur laisse tomber le policier. 

«On leur explique que dans un couple, le partage d’images intimes peut être à risque lorsqu’il y a ruptures. C’est pourquoi on leur parle du phénomène de sextorsion et surtout des conséquences».

Le corps de police de Gatineau s’est attaqué au problème de sextorsion en mettant entre autres en ligne la vidéo de sensibilisation 

«Tes boules, ta chatte, ta queue #gardescapourtoi !». Une vidéo d’animation qui interpelle les jeunes et qui est citée en exemple dans les milieux policiers.

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