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Procès de «l’espion des vedettes»: «Horrible» de voir son intimité violée, affirme une personnalité de la musique

Une vedette de la chanson qui a vu plusieurs de ses photos intimes être retrouvées dans le matériel informatique du présumé «espion des vedettes» a qualifié «d’horrible» l’angoisse vécue. Émotive devant les images présentées, elle a déploré le «viol» de son intimité.

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C’est à la vue d’une photo familiale que cette personnalité du monde de la musique dont l’identité est protégée n’a pu retenir ses larmes.

«C’est difficile de voir sa vie privée être étalée comme ça», a-t-elle confié lors de son témoignage au procès de Pascal Desgagnés, qui reprenait lundi après une semaine de pause.

Le procureur de la Couronne Julien Gaudet-Lachapelle a ensuite présenté à la plaignante des photos intimes de son ex-conjoint et elle. Là encore, l’émotion était vive.

«C’était privé», a insisté la présumée victime, ajoutant que ces images ne devaient «jamais voir le jour», être publiées. «En aucun cas, on n’était censé vivre ce qu’on vit aujourd’hui», a-t-elle martelé.

Crainte constante

D’autant plus que les précautions avaient été prises a-t-elle expliqué à la juge Rachel Gagnon dans son témoignage par visioconférence à partir d’un palais de justice de la grande région de Montréal.

Quand son ex-conjoint et elle prenaient des photos ou des vidéos dans un contexte intime, c’était toujours avec son téléphone et non celui de son conjoint a-t-elle pris soin de préciser.

«C’était avec mon téléphone parce que même lui ne voulait pas utiliser le sien et que je pense que ça puisse se retourner contre moi un jour, que je puisse ne pas avoir confiance en lui. Il préférait utiliser mon téléphone pour me donner cette confiance-là», a exposé l’artiste, qui dit avoir perdu le sommeil de crainte que ces images soient distribuées ou même vendues.

Si elle a affirmé n’avoir jamais eu honte de faire ces images dans un contexte personnel, elle a admis que la peur est venue avec la réalisation qu’une personne potentiellement mal intentionnée ait pu mettre la main sur ce contenu sensible.

«Ce n’est pas quelque chose de honteux en soi d’avoir ce genre de contenu là. Mais quand ce n’est plus entre tes mains, que ça a le potentiel de faire beaucoup de mal à beaucoup de gens, là soudainement il y a comme une honte, une gêne. Ce n’est pas facile», a témoigné la femme, ajoutant avoir senti le sol se dérober sous ses pieds lorsque les enquêteurs lui ont exposé l’ampleur de la fuite.

«C’est quelque chose qui devrait nous appartenir, qui est précieux, peu importe la nature, quelque chose qui est pris dans la confiance que ce soit entre deux personnes, un couple, des amis, une famille. Ça ne devrait jamais se retrouver dans les mains de quelqu’un d’autre».

«Profond mal-être»

Deux autres plaignantes ont témoigné lundi matin des conséquences du piratage de leur iCloud sur leur vie, évoquant elles aussi la peur, le stress et l’anxiété.

«Ça a porté atteinte à ma vie privée et ça m’a amené beaucoup de stress. Surtout le visionnement des photos et vidéos faites pour moi et mes amies proches, de manière privée et le fait que là, beaucoup [de gens] ont vu ces pièces-là», a expliqué l’une des jeunes femmes, qualifiant de «profond mal-être» le sentiment à l’idée qu’un inconnu ait pu avoir en sa possession de telles images personnelles.

Comme les autres témoins déjà entendus, ces plaignantes ont raconté que des données personnelles tirées de leur iCloud avaient été retrouvées dans l’ordinateur de Pascal Desgagnés.

Trois autres témoins doivent être entendus lundi après-midi.

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