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Des commémorations pour ne pas oublier la tragédie de Polytechnique

L’ombre de la question du contrôle des armes à feu a plané sur la cérémonie annuelle de commémoration de la tuerie de Polytechnique qui se tenait mardi soir sous une pluie battante sur le mont Royal, à Montréal.

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La cérémonie, à laquelle assistaient notamment les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault, a été l’occasion pour les politiciens de rappeler l’importance du «devoir de mémoire» vis-à-vis des victimes et de la tragédie, mais aussi de livrer un plaidoyer contre les armes à feu.

«C’est important, d’abord, de limiter les armes, de limiter les armes d’assaut. C’est important que toute la population soit vigilante», a avancé M. Legault en prenant la parole après la cérémonie.

«Il y a encore des femmes en 2022 qui sont violentées, parfois assassinées par leur mari. Il reste du travail à faire. On a tous une responsabilité, on a tous un devoir de vigilance. C’est pas le Québec qu’on souhaite», a-t-il poursuivi.

C-21

Son homologue fédéral a aussi déploré que la violence faite aux femmes soit toujours une réalité 33 ans après Polytechnique.

Le contexte entourant les commémorations était particulier cette année en raison d’une campagne menée contre le projet de loi C-21 visant à réguler la disponibilité des armes au pays.

Certains regroupements et le Parti conservateur accusent les libéraux d’aller trop loin en voulant retirer leurs armes aux chasseurs.

Le débat s’est retrouvé de plus belle dans l’espace public avec la sortie publique de Carey Price qui a dénoncé la portée du projet de loi, suivi d’un imbroglio sur sa connaissance de la tragédie de Polytechnique.

«On espère que tous les partis à la Chambre des communes vont comprendre que d’éliminer les armes qui sont faites pour tuer le plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible, c’est quelque chose que nous devons tous faire. On n’est pas en train d’aller chercher les carabines ou les fusils de chasse», a-t-il appelé.

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La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a aussi appelé aux bannissements des armes, mais aussi à la création de plus de ressources d’hébergement pour les femmes violentées. «Au Québec, le nombre de féminicides est alarmant. Il faut trouver de l’aide pour les femmes, et aussi soutenir les hommes quand ils en ont besoin, mais dans tous les cas, il ne faut pas lâcher. [...] On est loin d’avoir réglé la question de la violence faite aux filles et aux femmes», a-t-elle exprimé.

Comme le veut désormais la tradition, 14 faisceaux lumineux se sont illuminés à tour de rôle au sommet du mont Royal sur le coup de 17 h, en hommage aux 14 femmes assassinées le 6 décembre 1989.

Plus tôt en matinée, un moment de recueillement a aussi eu lieu avec le dépôt de gerbes de roses blanches devant la plaque commémorative de Polytechnique à l’entrée de l’établissement. Tout au long de la journée, les gens ont été invités à porter un ruban blanc en hommage aux victimes de la tragédie.

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