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Le pétrole Brent passe sous 80 dollars, une première depuis janvier

Le pétrole Brent a glissé mardi sous la barre symbolique des 80 dollars le baril, lesté par une potentielle salve de hausse des taux des grandes banques centrales, en pleine incertitude sur l'impact de nouvelles sanctions contre le brut russe.

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Vers 12h20, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février perdait 3,35%, à 79,91 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en janvier, baissait de 3,26%, à 74,42 dollars.

Cette nouvelle chute des prix de l'or noir ramène les deux références mondiales à des niveaux proches de leurs plus bas de l'année, au lendemain pourtant de l'entrée en vigueur de l'embargo européen, mais aussi du plafonnement à 60 dollars le baril du pétrole russe par les pays du G7, de l'UE et l'Australie.

Pour Craig Erlam, analyste chez Oanda, «à bien des égards, cela n'améliore pas la visibilité dans le secteur du pétrole brut ; on peut même dire (que ces mesures) rendent les perspectives plus incertaines».

À ce stade, «il semble que la seule chose garantie sur le marché pétrolier pour l'instant soit la volatilité», assène-t-il.

Moscou a affirmé à plusieurs reprises que la Russie ne vendrait pas de pétrole aux pays appliquant le plafonnement.

Mais l'Oural, la variété de pétrole russe, se vend actuellement à peine plus cher que la limite fixée, à savoir 60 dollars le baril. Pour M. Erlam, ce plafonnement est probablement considéré par les investisseurs comme un «statu quo», d'autant que la Russie tente d'améliorer sa «capacité à contourner les sanctions».

«Cela signifie que la production reste globalement stable», souligne-t-il.

Dimanche, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+) ont eux aussi opté pour le statu quo, à savoir une réduction de leurs objectifs de production de deux millions de barils par jour jusqu'à fin 2023 par rapport à leurs quotas d'avant la réunion d'octobre.

Une décision prudente que les analystes d'Energi Danmark expliquent par «l'incertitude persistante quant à l'effet des nouvelles sanctions sur le pétrole russe».

À cela s'ajoutent les incertitudes autour de la situation épidémique de la Chine, premier pays importateur de brut au monde, qui malgré de récents efforts, persiste dans sa stricte politique sanitaire qui ralentit pourtant sa croissance, et ainsi sa demande.

Par ailleurs, de fortes pertes avaient déjà été enregistrées lundi en fin de journée et se poursuivaient mardi, après des indicateurs révélant que l'économie américaine «est encore dynamique», a expliqué Ricardo Evangelista d'ActivTrades, «ouvrant la voie à de nouvelles hausses des taux d'intérêt».

Or, une nouvelle hausse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) mi-décembre réduirait «les perspectives de croissance à court et moyen terme, un scénario qui entraînerait une baisse de la demande de pétrole», poursuit l'analyste.

Cela constituerait aussi un soutien au billet vert. Et comme le brut s'échange en dollars, son appréciation réduit le pouvoir d'achat des acheteurs utilisant des devises étrangères.

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