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Violence conjugale: les dénonciations ont explosé depuis deux ans à Québec

La police de Québec ajoutera des effectifs supplémentaires pour enquêter sur la violence conjugale, en 2023, en raison de l’explosion du nombre de dénonciations qui a bondi de plus de 50% depuis deux ans.

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C’est ce qu’on a pu apprendre en marge de l’étude du budget de la Ville de Québec, mardi matin, à l’hôtel de ville. Cinq postes additionnels seront créés au sein de l’unité consacrée à la violence conjugale, qui œuvre déjà depuis une quinzaine d’années.  

Depuis le début de la pandémie, les plaintes ont littéralement explosé. L’évolution du nombre d’enquêtes se décline ainsi:   

  • 2020: 1678 dossiers ouverts 
  • 2021: 2225 dossiers ouverts 
  • 2022: 2538 dossiers ouverts (en 11 mois)  

«Les vagues de dénonciation qu’on a vues avec la pandémie et les campagnes de dénonciation qui ont été faites nous ont amené une augmentation l’an passé d’à peu près 30%, et cette année on ajoute 25% d’augmentation là-dessus», a indiqué le directeur adjoint aux enquêtes et aux services spécialisés Gino Lévesque. D’où la nécessité d’ajouter cinq postes à temps plein au SPVQ. 

Le rapport Rebâtir la confiance (sur l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle et de violence conjugale, déposé en 2020) et tout le travail effectué par le gouvernement du Québec et les services policiers afin de démocratiser la dénonciation porte ses fruits, selon le chef du SPVQ, Denis Turcotte. 

«Tous ces éléments-là font en sorte que, heureusement, les victimes ne restent plus dans le silence et qu’elles dénoncent ce qu’elles vivent. Elles ont repris confiance dans le système et on s’en occupe bien», a-t-il exprimé, en point de presse.  

Écoutez l'entrevue avec Carmen Gill, professeure en sociologie à l’Université du Nouveau-Brunswick et membre de l'Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation à l’émission de Benoit Dutrizac diffusée chaque jour en direct 12 h 03 via QUB radio:

Desserte des banlieues

Interrogé par les élus en plénier sur la desserte des banlieues, le chef de police Denis Turcotte a par ailleurs assuré que «la périphérie est couverte» et qu’elle n’est pas négligée au profit du centre-ville, quoi qu’en dise la Fraternité dans une lettre adressée au Bureau du coroner. 

«Beaucoup de citoyens m’interpellent et me disent qu’ils ne voient plus de police (au nord de Beauport). Qu’est-ce que vous allez faire pour augmenter la présence policière en périphérie?», a lancé le conseiller indépendant Jean-François Gosselin, visiblement sceptique.  

Le chef du SPVQ affirme que la perception des citoyens peut être très «subjective» quant à la présence policière dans leur quartier.  

«Ça peut arriver que dans certaines périodes de la journée ou de la semaine, qu’il y ait moins de policiers dans un secteur donné. Là, on parle de Beauport mais ça peut être aussi Charlesbourg, Limoilou, la Haute-Ville (...) Quand ils sont mobilisés sur des appels, ils font moins de prévention mais ça se rééquilibre à la fin de la semaine puis à la fin de l’année», a-t-il exposé en mêlée de presse. 

«Au niveau de la population, je n’ai pas ça... Nous, on n’a pas de plaintes à l’effet qu’il n’y a pas de police dans certains secteurs», a-t-il ajouté, précisant que la répartition des effectifs sur le territoire est revue en continu, en fonction des besoins.  

«On revoit tout le temps le taux d’occupation, le nombre de policiers déployés, on a une convention collective à respecter, des minimums à respecter aussi et on le fait. Est-ce qu’on bonifie à l’occasion les effectifs au-delà du minimum requis par la convention? La réponse c’est oui», a-t-il plaidé. 

Écoutez la rencontre Philippe-Vincent Foisy et Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct 12 h 15 via QUB radio: 

Budget du SPVQ en hausse

Globalement, le budget du SPVQ s’établira à 148,9 M$ en 2023, en hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. Près de 95 % de l’enveloppe sera consacré à la masse salariale. Le Service de police prévoit l’ajout de 12 employés l’an prochain, pour un total de 1 074 ETC (équivalent à temps complet). 

Les travaux de la nouvelle centrale de police, à Charlesbourg, devraient être terminés d’ici la fin de l’année 2023. Comme prévu, les policiers devraient prendre possession de leur bâtiment flambant neuf (dont le budget révisé a été établi à 114 M$) en 2024 et s’y installer graduellement.  


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