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Famille d’accueil à Québec: il écope de quatre ans pour avoir agressé un enfant de la DPJ

Un septuagénaire de Québec a été condamné mardi à quatre ans de pénitencier pour avoir profité du fait qu’il était famille d’accueil de la DPJ pour agresser sexuellement un garçon de 10 ans.

Rénald Lepage a pris le chemin des cellules après que la juge Sandra Rioux se soit rangée derrière les arguments de la poursuite en infligeant une peine de quatre ans de détention à l’homme de 74 ans.

Même si les problèmes de santé de l’homme, amputé des deux jambes et souffrant de graves problèmes pulmonaires, ou la révocation de ses droits de famille d’accueil «estompent» le risque de récidive, ce sont les principes de dénonciation et de protection du public qui ont primé. La défense demandait de son côté une peine de 18 mois d’emprisonnement.

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«Une peine [de moins de deux ans] n’atteindrait pas les objectifs pénologiques de protéger la société et de contribuer au respect de la loi», a indiqué la juge Rioux, insistant du même coup sur le fait que Lepage avait stoppé les agressions non pas par volonté ou cheminement, mais plutôt par «manque d’opportunité».

Agressions répétées

Les faits reprochés se sont déroulés sur une période de 18 mois entre novembre 2009 et mai 2011. Les agressions ont eu lieu au domicile de Lepage, qui profitait de l’absence de son épouse des 40 dernières années pour abuser du jeune garçon.

«Un même modus operandi est employé lors des agressions. Lors de visionnement de films à caractère pornographique, il s’assoit aux côtés de la victime, lui enlève ses vêtements et procède à des gestes de masturbation. Il exige de celui-ci qu’il le masturbe également jusqu’à éjaculation», a décrit la magistrate.

Les agressions étaient hebdomadaires et leur fréquence a été en augmentant au fil des mois jusqu’au retrait de la victime du milieu de vie malsain dans lequel il avait été placé.

«L’accusé explique son passage à l’acte en raison de son statut de famille d’accueil qui a facilité l’accès à la victime et la commission des gestes reprochés», a soulevé la juge Rioux en citant le rapport prédécisionnel où Rénald Lepage réitérait sa croyance que «la victime aimait les gestes».

Victime vulnérable, accusé opportuniste

La juge a insisté sur le jeune âge de la victime et sa grande vulnérabilité pour expliquer la peine de quatre ans d’emprisonnement.

«Le rôle de l’accusé est particulièrement aggravant. Il représente une figure paternelle pour la victime, on lui a confié sa garde et la responsabilité de répondre à l’ensemble de ses besoins, particulièrement ceux reliés à sa sécurité et son développement», a fait remarquer Sandra Rioux, déplorant que Rénald Lepage ait «profité de cette position privilégiée».

Cette sentence s’inscrit dans le changement des fourchettes de peine infligés dans des cas d’abus sexuels de mineurs opéré depuis l’arrêt Friesen de la Cour Suprême en avril 2020.

«Les enseignements de la Cour Suprême dans l’arrêt Friesen [voir encadré] ont été entendus par les tribunaux. On constate partout au pays un rehaussement des peines pour les crimes sexuels commis sur des victimes mineures», s’est réjoui le procureur de la couronne Me Michel Bérubé, qui avait suggéré une détention de quatre ans.

D’autant plus que Rénald Lepage a déjà été condamné à 18 mois pour des gestes semblables sur une fillette de 9 ans en 2017. Il sera cette fois-ci inscrit au registre des délinquants sexuels pour les 20 prochaines années.

L’arrêt Friesen de la Cour Suprême

  • Prononcé en avril 2020
  • Recommande des peines plus sévères dans des cas d’abus sexuels sur des enfants
  • La cour suggère aussi aux juges de première instance de ne plus donner une aussi grande importance à la nature des gestes posés, par exemple qu’il y ait pénétration ou non
  • Des sentences comme celle de Rénald Lepage s’inscrivent dans cette mouvance
  • «Cette jurisprudence-là est en train de se constituer au moment où on se parle. Il est évident que les peines infligées pour des crimes sexuels commis sur des enfants sont nettement supérieures que celles que l’on voyait avant avril 2020» - Me Michel Bérubé, procureur aux poursuites criminelles et pénales
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