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Forme physique des jeunes: des résultats préoccupants

La forme physique cardiorespiratoire des jeunes de moins de 17 ans s'est détériorée au cours des trois dernières décennies, des résultats sont jugés préoccupants et demandent d’importants changements.

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C’est ce qu’a démontré une récente étude menée auprès de 3 725 jeunes de six villes du Québec de 2014 à 2017 par un professeur associé de l'Université de Sherbrooke. 

Leurs aptitudes physiques ont été analysées lors de tests navettes. Cet exercice, aussi communément appelé test bip-bip et popularisé dans les années 80 par Luc Léger, consiste à faire une série d'aller-retour sur une distance de 20 mètres en accélérant graduellement la vitesse.

Une étude semblable avait été réalisée en 1982. En comparant ces résultats avec ceux colligés récemment, les experts ont constaté que les jeunes complètent 30% moins de paliers lors de cette activité.

Le VO2 max, qui consiste en la consommation maximale d’oxygène, a aussi été étudié. Chez les garçons de 17 ans, ce paramètre a chuté de 18% et d'environ 12% chez les filles du même âge.

«C’est le fait que depuis les années 80, les jeunes ont augmenté de beaucoup les activités sédentaires, les jeux vidéo. Bref, les activités où on est toujours assis», a expliqué le chercheur principal de l’étude, Mario Leone, professeur associé à l’Université de Sherbrooke.

Ce dernier a ajouté que ce facteur peut avoir une incidence sur la santé des jeunes.

«Les individus qui ont des VO2 bas, donc de faibles niveaux, sont beaucoup plus exposés à développer des maladies métaboliques, comme l’obésité, le diabète de type 2. [...] Quand on regarde derrière, il y a un tsunami qui s’en vient. Maintenant, ce sont des jeunes, très jeunes, qui vont avoir des problèmes [de personnes plus âgées].»

Faire bouger les jeunes passe par le milieu scolaire, mais également par le milieu familial, selon certains parents rencontrés par TVA Nouvelles.

«Si les parents bougent avec leurs enfants, s’ils font des sports eux-mêmes, ils ont de bons modèles», est d’avis une jeune mère.

«C’est difficile de faire bouger nos enfants avec les écrans de nos jours. On a beau vouloir couper, on a plus de misère. On est aussi rendu avec une vie plus pressée, [...] mais il faut les faire sortir dehors», a ajouté une autre maman de deux enfants de niveau primaire.

Parmi les solutions avancées dans cette étude, il faudrait notamment augmenter le nombre d'heures d'éducation physique, croit le chercheur.

Il serait aussi important d’interroger les jeunes pour bien comprendre ce qui les motive. Pour réussir ce grand coup de barre, Mario Leone est d'avis qu'il faut l'implication et la volonté du milieu politique.

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