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Pandémie: l’enseignement à distance a compromis le cheminement des élèves en difficulté

Le cheminement scolaire des élèves en difficulté risque d’être compromis, si les retards d’apprentissage causés par l’enseignement à distance pendant la pandémie ne sont pas comblés par des mesures de rattrapage efficaces, constate la vérificatrice générale.

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Guylaine Leclerc a rendu public le tome du mois de décembre 2022 du Rapport du vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2022-2023.

L’auditrice en chef remarque que les efforts qui ont été faits pour aider les élèves alors que la pandémie de COVID-19 avait provoqué la fermeture des classes comme l’enseignement à distance et le programme de tutorat de 88 millions $ ne se sont pas appuyés «sur une analyse synthèse des retards d’apprentissage », ni même sur la considération des besoins des élèves.

Par ailleurs, Mme Leclerc constate que les services éducatifs proposés au printemps 2020, quand la pandémie battait son plein, étaient limités, notamment en raison du «mauvais encadrement du MEQ» qui a fait en sorte que les services dans les différents centres de services scolaires étaient inégaux.

L’ensemble de ces facteurs a provoqué des retards d’apprentissage dont le gouvernement ignore l’ampleur et qui risquent de compromettre le parcours scolaire de plusieurs jeunes, ajoute la vérificatrice générale.

Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a admis ne pas avoir de «portrait complet de la situation» et a exprimé le souhait qu’un tableau de bord comme celui dont dispose le réseau de la santé soit développé pour son ministère.

Naviguer à vue

Le problème est que le gouvernement n’a qu’une connaissance approximative de l’ampleur des retards d’apprentissage occasionnés par la pandémie, alors même que plusieurs études anticipaient les effets néfastes de l’enseignement à distance sur la réussite des élèves, a indiqué Guylaine Leclerc.

Le ministère de l’Éducation s’est même «privé d’informations importantes» qui lui auraient permis d’avoir un meilleur portrait de la situation. La vérificatrice générale cite en exemple l’annulation arbitraire des épreuves ministérielles en 2019-2020 et en 2020-2021, dont les résultats auraient pu fournir d’importantes données de comparaison.

La vérificatrice générale recommande donc au ministère et aux centres de services scolaires de faire le bilan sur les décisions prises au cours de la pandémie pour en tirer des leçons. Elle leur demande également de faire les suivis nécessaires pour sortir de l’obscurité quant aux retards d’apprentissage, afin de pouvoir mettre en place des mesures de rattrapage appropriées et assurer ainsi que l’avenir des élèves touchés ne soit pas mis en péril.

Achats inutiles

Guylaine Leclerc a également constaté que le gouvernement a procédé à l’achat de 42 millions $ d’appareils de visioconférences, sans s’être assuré que ceux-ci seraient utiles. Ce qui devait arriver arriva: deux ans plus tard, ces outils technologiques ont été «peu ou pas utilisés».

Aujourd’hui, moins de la moitié de ces appareils ont été installés dans des salles de classe. Ils ont néanmoins été livrés aux centres de services scolaires, a indiqué le directeur général d’audit, Alain Fortin en ajoutant prosaïquement qu’ils «sont à quelque part dans les centres de services».

Les faits saillants

«Même avant la pandémie, le soutien technique aux établissements était déjà déficient.»

«Certains centres de services scolaires ne disposaient toujours pas de tous les ordinateurs nécessaires à l’enseignement en ligne en cas de fermeture de l’ensemble de leurs écoles après 18 mois de pandémie.»

Au printemps 2020, «le ministère de l’Éducation a tardé à émettre des directives claires aux centres de services scolaires afin de préciser les services éducatifs minimaux à offrir au primaire et au secondaire».

«Le ministère de l’Éducation n’a pas été en mesure de nous fournir ni l’analyse ni la recommandation justifiant l’annonce de l’investissement» de 42 millions $ pour des appareils de visioconférence.

«La répartition du financement des mesures de tutorat n’a pas été effectuée en fonction des besoins des élèves.»

- Extraits du tome de décembre 2022 du Rapport du vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale

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