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San Francisco n'autorise pas sa police à utiliser de «robots tueurs», sans totalement écarter l'idée

Le conseil municipal de San Francisco s’est montré défavorable mardi à l’adoption d’une résolution prévoyant l’usage par les forces de l’ordre de la ville de robots capables de tuer, mais n’a pas totalement écarté l’idée, renvoyant la mesure en commission. 

Ces «robots tueurs», prévus pour être déployés dans certains cas extrêmes, comme les attaques terroristes ou les tueries de masses, nourrissent une intense polémique après que le conseil municipal s’est montré favorable à leur usage la semaine dernière.

«La semaine dernière, malgré des craintes éthiques, j’ai soutenu la législation, mais depuis une semaine, je ne me sens pas à l’aise avec ce sujet. Je ne pense pas que des robots armés et télécommandés nous rendront plus sûrs», a déclaré mardi un membre du conseil municipal, Gordon Mar.

Finalement, le conseil a fait machine arrière en approuvant la législation qui permet à la police de San Francisco d’obtenir de l’équipement militaire, mais sans l’usage des robots.

Celle-ci a été renvoyée en commission, et sera soumise à un nouveau vote prochainement.

De nombreux opposants ont critiqué cette mesure, craignant qu’elle débouche sur une augmentation des violences policières et un futur digne du film «Robocop».

Lors du conseil municipal, plusieurs opposants sont entrés pendant la séance, pancartes à la main.

Plus tôt dans la journée, des dizaines de personnes sont venues protester devant l’hôtel de ville de San Francisco, avec des pancartes demandant «de ne pas armer la police avec de nouvelles armes» ou affirmant encore que «les robots tueurs ne sont pas la solution».

«L’usage de robots dans des situations potentiellement meurtrières est une option de dernier recours», avait assuré début décembre dans un communiqué le chef de la police de San Francisco, William Scott.

«Nous vivons une époque où la violence de masse devient plus fréquente», a-t-il insisté. «Nous avons besoin de cette option pour sauver des vies, dans le cas où ce genre de tragédie se produirait dans notre ville.»

La police de San Francisco possède actuellement plusieurs robots, qu’elle peut contrôler à distance et qui sont utilisés lorsque les policiers doivent garder leurs distances avant de sécuriser un lieu, comme lors d’une situation d’alerte à la bombe.

La nouvelle mesure permettrait d’utiliser ces robots pour placer une «charge explosive» capable de «neutraliser ou désorienter un suspect violent armé ou dangereux qui menace de prendre des vies», selon la police.

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