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Partie de chasse controversée: Fitzgibbon est visé par une sixième enquête de la Commissaire à l'éthique

Visé par une sixième enquête de la commissaire à l’éthique concernant la partie de chasse sur une île privée à laquelle il a participé, Pierre Fitzgibbon est certain qu’il n’a rien à se reprocher. Il compte d’ailleurs retourner chasser au même endroit l’an prochain. 

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Le ministre de l’Économie a pris part cet automne à une chasse au faisan en Estrie, sur l’île de la Province, qui appartient à de riches hommes d’affaires dont les entreprises bénéficient de subventions publiques, a révélé jeudi notre Bureau d’enquête.   

«Je n’ai pas le sentiment d’être obligé de me défendre, a lancé Pierre Fitzgibbon dans les couloirs du parlement. Je suis allé à cet emplacement-là depuis 20 ans. J’espère pouvoir y retourner, j’ai de bonnes connaissances que je vois régulièrement. C’est une activité privée.» 

En fin de journée jeudi, la commissaire à l'éthique, Ariane Mignolet, a décidé d'ouvrir une enquête. Quelques heures plus tôt, le Parti libéral et Québec solidaire lui avaient chacun fait parvenir une lettre pour le lui demander, avec l'appui du Parti québécois.  

Enquête

L’enjeu est de savoir si M. FItzgibbon a payé pour cette activité, ou si elle lui a été offerte à titre gracieux. La valeur d’une partie de chasse au faisan étant probablement supérieure au seuil permis de 200$, le ministre aurait été dans l’obligation de la déclarer au registre public des dons dans un délai de trente jours, ce qui n’a pas été fait.  

Jeudi matin, M. Fitzgibbon a dit avoir payé, sans toutefois donner de précision sur les montants. «Je me suis rendu sur l’île, on a mangé, j’ai eu des repas (...). Je n’ai pas déclaré, j’ai payé ce que j’avais à payer», a-t-il pesté devant les membres de la presse parlementaire. 

Conséquemment, le superministre du gouvernement Legault ne craint pas les résultats d’une éventuelle enquête de la part de Mme Mignolet, qui selon lui ne pourrait que le blanchir.  

«Je pense que c’est important que la commissaire à l’éthique fasse une enquête pour que vous soyez tous confortables, et le Journal de Montréal, à savoir qu’il n’y a pas eu de subvention», a-t-il dit.  

«Il faut comprendre comment le processus d’octroi de subventions et de financement a lieu. Je suis très à l’aise, en fait, je pense que c’est une force d’avoir ces connaissances-là», a-t-il ajouté.  

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Discussions d’affaire

Même s’il s’est rendu à l’île de la Province chaque année depuis qu’il est ministre, sauf une fois pendant la pandémie, le ministre affirme ne s’être jamais demandé s’il y avait là un enjeu éthique. Pourtant, il reconnait que des discussions d’affaires ont eu lieu lors de ces événements.  

«Il y en a toujours. Écoutez, ma vie est là-dedans», a-t-il expliqué. 

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Ce qu’ils ont dit...

«Ce n’est pas à cause du Journal de Montréal que je vais me priver de voir les bonnes connaissances que j’ai» - Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie 

«M. Fitzgibbon, encore une fois, a l’éthique assez slaque» - Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont 

«Il y a 800 000 Québécois qui ne font même pas 18 $ de l'heure. Ces gens-là, là, ils ne vont pas à la chasse au faisan, ils vont à la chasse aux bas prix.» - Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire   

«On n’est pas du même monde!» - Pascal Bérubé, député péquiste de Matane-Matapédia.

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