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Hausse du taux directeur: une augmentation qui fait mal aux ménages québécois

Cette septième hausse du taux directeur par la Banque du Canada, qui a augmenté de 50 points de pourcentage pour atteindre 4,25 % mercredi, fait mal au portefeuille des ménages québécois, et ceux de l’Estrie ne sont pas épargnés.

Avec les hausses successives du taux directeur, Valérie Laliberté a dû revoir son budget, une réalité partagée par bien d’autres familles. Mère d'une famille recomposée de quatre enfants, la Sherbrookoise a vu son paiement hypothécaire doubler au cours de la dernière année.

«Lors du refinancement, on a opté à ce moment-là pour un taux variable. [...] C’était quelque chose qu’on voyait comme positif. C’était quelque chose qu’on était capable de faire. On n’a pas une hypothèque qui dépasse nos moyens, mais reste qu’avec les augmentations constantes, depuis un an, ça commence à faire mal au portefeuille», a expliqué la dame.

Certains postes budgétaires étant indélogeables, comme le loyer ou les prêts automobiles, certains sont forcés de couper ailleurs, comme dans les loisirs, les abonnements mensuels, les vêtements ou encore l'épicerie. Dans le cas de Valérie, elle a dû mettre certains projets sur la glace.

«Mon conjoint et moi, ça fera 10 ans qu’on est ensemble l’année prochaine. On s’était dit qu’on ferait un voyage, on a mis ça sur la glace. [...] Notre maison nécessitait des travaux. Cependant, ça ne s’est pas matérialisé», a-t-elle ajouté.

Pour d’autres familles, la pression peut devenir trop forte. En Estrie, 278 dossiers d'insolvabilité ont été comptabilisés cette année de juillet à septembre, comparativement à 231 pour la même période l'an dernier, selon le Bureau du surintendant des faillites, ce qui représente une augmentation de près de 20 %.

Selon le syndic autorisé en insolvabilité, Pierre Fortin, du bureau Jean Fortin et Associés, la rapidité entre les augmentations successives des taux d’intérêts rend la tâche difficile aux ménages québécois, qui ont peu de temps pour s’adapter.

«Le prix d’une pinte de lait, on n’a pas de contrôle là-dessus. Mais on peut contrôler, réduire et éliminer nos dettes de crédit à la consommation. C’est ce qui va, dans bien des cas que l’on traite, donner de l’oxygène notamment pour payer la maison. [...] La première chose que l’on va regarder, c’est de faire le budget avec la personne pour voir où va l’argent qu’elle gagne», a relaté le président.

Et ce ne sont pas que les consommateurs qui écopent. Les commerces et industriels doivent également faire face à la hausse des taux d'intérêts, tout en composant avec une éventuelle diminution de la demande.

«C’est sûr que ça amène un impact. Les commerçants veulent vendre un peu plus, mais la consommation va diminuer nécessairement. Les consommateurs doivent faire des choix. [...] Ça va avoir un impact sur les [commerces] qui pensaient faire une super période des Fêtes. Il y aura peut-être des choix stratégiques de la part des consommateurs», a souligné le président de la Chambre de commerce et industrie de Sherbrooke, Sébastien Lussier.

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