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Complot déjoué en Allemagne: le Bundestag va passer en revue son système de sécurité

Le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, a annoncé vendredi passer en revue son dispositif de sécurité après le démantèlement d'un réseau extrémiste qui projetait de l'attaquer, pour préparer un coup d'État. 

«Nous allons vérifier dans le détail quelles mesures de sécurité nous devons ajuster», a déclaré la vice-présidente du Bundestag, l'écologiste Katrin Göring-Eckardt, au groupe de journaux Funke, deux jours après la révélation que le Bundestag était visé par un projet d'attaque armée.

«Il y a apparemment aussi un lien dans ce réseau avec le groupe parlementaire de l'AfD», l'Alternative pour l'Allemagne, a-t-elle ajouté, dans une allusion à l'interpellation de la magistrate Birgit Malsack-Winkemann, ancienne députée du parti d'extrême droite AfD, qui a siégé au Bundestag entre 2017 et 2021.

La juge compte parmi les 25 personnes interpellées mercredi, dont un aristocrate ou encore des soldats d'élite, lors d'un vaste coup de filet ciblant cette cellule nourrie à l'idéologie des «Reichsbürger», les «Citoyens du Reich», une mouvance extrémiste qui a pris de l'ampleur avec les restrictions sanitaires.

Quelque 54 personnes sont visées au total par l'enquête, et de nouvelles arrestations pourraient avoir lieu.

Les révélations se poursuivaient vendredi au sujet de ce groupuscule, armé et potentiellement dangereux, selon les autorités allemandes.

Les enquêteurs auraient ainsi mis la main, avant même les perquisitions de mercredi, sur une «liste d'ennemis» comportant les noms de ministres, dirigeants de partis ou encore journalistes, a annoncé vendredi le quotidien Tageszeitung.

Figuraient notamment sur la liste la ministre écologiste des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, une des dirigeantes du parti social-démocrate SPD, Saskia Esken, ou encore le patron de la CDU, Friedrich Merz, ainsi que son prédécesseur, candidat malheureux à la chancellerie en 2021, Armin Laschet.

Trois présentateurs des journaux télévisés apparaissaient eux aussi sur la liste, selon le quotidien.

Le chancelier Olaf Scholz avait lui exprimé jeudi son inquiétude concernant les liens présumés de cette mouvance avec l'AfD.

«Le fait que parmi les suspects figure une ancienne députée de l'AfD est évidemment frappant et très grave», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le député social-démocrate Sebastian Hartmann, spécialiste des questions de politique intérieure, a exigé que «les contacts de Mme Malsack-Winkemann au Bundestag soient examinés de façon urgente». 

«On peut penser qu'ils espéraient de l'aide de l'intérieur pour leur projet de coup d'État», a-t-il avancé.

L'AfD, qui compte 78 députés sur les 736 du Bundestag, est restée discrète depuis le démantèlement de la cellule, la direction du parti disant «rejeter catégoriquement» les projets violents allégués.

Jeudi, le chef de la police criminelle Holger Münch a déclaré que le groupuscule disposait de nombreuses armes.

Mais il avait aussi quelque peu tempéré leur force de frappe. «Il ne faut pas supposer qu'un groupe comprenant quelques dizaines (de membres), peut-être quelques centaines, est en mesure de remettre réellement en question le système étatique en Allemagne».

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