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Bulletin scolaire: qualifier plutôt que quantifier

group of school kids and teacher in classroom

Photo Adobe Stock

Pour certains, l’abandon du bulletin chiffré représente « un nivellement vers le bas et une façon de protéger l’ego fragile d’adolescents qui n’ont jamais fait face à l’échec ». Ces mêmes personnes se demandent comment les adultes de demain survivront sur le marché du travail.

Ce que l’on oublie souvent de mentionner, c’est qu’abandonner le bulletin chiffré ne signifie pas « abandonner l’évaluation ». Ce qu’on devrait voir à la place du bulletin chiffré, c’est l’évaluation qualitative.

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La note à un examen, ça veut dire quoi ? Un élève qui obtiendrait 85 %, contrairement à la croyance populaire, n’a pas nécessairement compris 85 % de la matière. Il a seulement été en mesure de répondre à 85 % des questions de l’examen avec une bonne réponse.

Niveau de compétence

Évaluer, c’est l’action de porter un jugement représentatif, juste, égal et équitable sur les compétences d’un élève en s’appuyant sur des critères d’évaluation et des faits observables. C’est une façon d’accompagner l’élève dans ses apprentissages et de reconnaître son niveau de compétence. Ce jugement doit se rapporter à des critères d’évaluation et non au niveau de compétence de l’élève voisin ou de l’ensemble de la classe.

Ainsi, ce qu’on souhaite réellement reconnaître, c’est le niveau de compétence atteint par l’élève, ce qu’un bulletin qualitatif permettrait de mieux accomplir. En effet, ne trouvez-vous pas que le commentaire « Compétence assurée » répond mieux à la question « Comment mon enfant se débrouille-t-il en mathématiques ? » que « 72 % » ?

Évaluation plus juste

La note chiffrée me semble plutôt sécurisante pour les parents parce qu’elle se rattache à leurs propres repères de l’époque où l’on évaluait les connaissances et qu’on tentait d’en mesurer la quantité maîtrisée par les élèves. Cependant, nous évaluons maintenant le savoir-faire des élèves dans diverses situations. Il est plutôt difficile et très subjectif d’affirmer qu’un élève ait atteint 75 % d’une compétence. Il serait beaucoup plus logique de qualifier ce développement que de le quantifier.

Finalement, on entend souvent que l’abandon du bulletin chiffré au profit d’un bulletin qualitatif est, encore, une façon de niveler vers le bas et d’éviter aux élèves de vivre un sentiment d’échec. Au contraire, je crois plutôt que c’est un changement qui nous permettrait d’amener les élèves à développer des connaissances et des compétences plus solides grâce à l’accompagnement offert par ce type d’évaluation. Ils ne chercheraient plus à atteindre un résultat, allant même jusqu’à tricher pour l’atteindre. Ils viseraient plutôt l’atteinte d’un degré de maîtrise plus avancé.

Pour ceux et celles qui se demandent comment survivront les élèves d’aujourd’hui dans le monde du travail de demain, demandez-vous plutôt à quel moment votre supérieur hiérarchique vous a attribué une note chiffrée en pourcentage pour évaluer votre compétence au travail. Je serais prêt à parier qu’il vous a plutôt offert une série de commentaires accompagnés d’objectifs clairs et précis ainsi que de stratégies visant votre amélioration. Je ne suis donc pas trop inquiet pour les adultes de demain sur le marché du travail à ce niveau.

Photo fournie par Sébastien Gallant

Sébastien Gallant, enseignant au secondaire, étudiant à la maîtrise en efficacité de l’enseignement et des écoles, Terrebonne

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