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Des sapins de Noël générateurs d’électricité

David-Alexandre Vincent / AGENCE QMI

Au Québec, les sapins de Noël naturels ramassés par les municipalités après les Fêtes sont généralement transformés en compost ou en paillis, mais au Lac-Saint-Jean, ils sont aussi recyclés pour produire... de l’électricité.

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En janvier, chaque année, la Société de cogénération de Saint-Félicien, propriété de la californienne Greenleaf Power, reçoit les résidus d’une partie des sapins dont les gens se sont débarrassés après le temps des Fêtes. 

L’usine, qui produit de l’énergie à partir de biomasse, brûle la matière dans une fournaise géante à une température de plus de 500 degrés pour chauffer de l’eau qui, transformée en vapeur, fait tourner une turbine génératrice d’électricité.

David-Alexandre Vincent / AGENCE QMI

Les arbres de Noël représentent moins de 10 % de la matière traitée chaque année à Saint-Félicien, l’entreprise s’approvisionnant majoritairement de résidus d’écorces provenant des scieries pour produire son électricité. Mais leur apport est plus qu’apprécié.

«C’est de la matière plus sèche que l’écorce qu’on reçoit des scieries, a expliqué le directeur de l’usine, Pascal Turcotte, lors de notre visite à Saint-Félicien. Elle permet d’avoir une meilleure efficacité quand on la brûle et elle permet de produire plus d’électricité finalement.»

Une réutilisation qui réduit les polluants

La revalorisation de ces décorations vertes en produisant de l’électricité – tout comme leur transformation en compost ou en paillis – permet de réduire les impacts sur l’environnement qu’ils causeraient s’ils étaient acheminés directement vers des sites d’enfouissement des déchets.

«Si c’était enfoui, il y aurait des émissions de méthane et une contamination des eaux, a précisé M. Turcotte. Ici, on est capable d’éviter ces polluants-là, d’abord parce qu’on assainit l’eau contaminée avant de la rejeter. Il sort du CO2 de notre cheminée, oui, mais ça n’a rien avoir avec les quantités qui seraient émises si on n’avait pas notre centrale.»

Chaque année, les installations de Saint-Félicien produisent 125 000 mégawattheures d’électricité qui sont vendus à Hydro-Québec. 

Cette production permet d’alimenter environ 10 000 maisons sur un an.

Autres débouchés

Parallèlement à l’initiative de Greenleaf à Saint-Félicien, des arbres usagés recueillis après les Fêtes au Lac-Saint-Jean et au Saguenay sont convertis en paillis et en compost. L’an dernier, 919 conifères ont ainsi pu être récupérés dans la région grâce à la campagne «Sapin du bon sens» mise en œuvre par l’Association forestière Saguenay-Lac-Saint-Jean. Depuis ses débuts, il y a 31 ans, plus de 180 000 arbres ont été réutilisés. L’organisation constate que les citoyens sont de plus en plus conscientisés.

Ailleurs au Québec, dans la ville de Québec, par exemple, les sapins déposés par les citoyens dans les écocentres sont par la suite envoyés au centre de compostage. 

À Montréal, les conifères laissés par les citoyens en bordure des rues sont ramassés de porte en porte pour être notamment transformés en compost. 

Des copeaux en sont aussi produits pour alimenter une centrale thermique du nord de la ville afin de produire, comme à Saint-Félicien, de l’électricité.

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