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Vous procrastinez? Ce n’est pas par paresse

Carlos Amat, Calgary Sun

Quoiqu’en dise la croyance populaire, procrastiner n’est pas un signe de paresse, mais un mécanisme que les gens trouvent pour éviter des émotions négatives, selon plusieurs psychologues.

Confusion, ennui ou anxiété, nombreux sont les sentiments qui peuvent pousser à retarder une tâche, selon les chercheurs Timothy Pychyl et Fuschia Sirois, questionnés par le New York Times.

Mais cet évitement, même s’il n’est pas symptomatique de paresse, impose des coûts significatifs sur la vie du procrastinateur : retards au travail, échec des objectifs personnels et dépression, même.

Pour éviter de tomber dans la procrastination, il est essentiel de savoir quelles émotions négatives sont à son origine, selon la psychologue Jenny Yip de Los Angeles, interrogée par CNN.

C'est qu'il existe plusieurs types de procrastinateurs, selon elle.

Voici les quatre les plus courants, et des pistes de solutions pour chacun d’entre eux.

Les perfectionnistes et les anxieux

Tony Caldwell, Ottawa Sun

«Parce que les perfectionnistes ont besoin de faire les choses parfaitement, chaque tâche leur demande des efforts insurmontables», explique la Dre Yip.

Les anxieux, eux, sont indécis, résistants au changement et préfèrent attendre l’aval des autres pour aller de l’avant.

Ces deux types de procrastinateurs repoussent donc leurs obligations par crainte d’échec ou du jugement des autres, selon Itamar Shatz, chercheur à l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni.

Il encourage donc les perfectionnistes et les anxieux à «remplacer leurs standards par d’autres qui sont bon, mais atteignables, tout en se donnant la permission de ne pas les atteindre».

Les rêveurs

Tony Caldwell/Ottawa Sun Photo

Ces idéalistes aiment beaucoup imaginer les projets, mais ne sont pas friands de la logistique que leur réalisation requiert, selon la Dre Vara Saripalli.

Les rêveurs ont aussi tendance à s’imaginer que le destin intervient dans leur vie et rend inutile l’ardeur au travail.

Or, ceci arrive rarement et, selon la Dre Yip, les rêveurs auraient avantage à prendre l’habitude de planifier de façon plus détaillée la manière dont ils comptent réaliser leurs objectifs.

Ils tendent aussi à imaginer qu'ils accompliront de grandes choses et, à l’instar des perfectionnistes, ils auraient avantage à revoir leurs standards.

Le contestataire

Stan Behal, Toronto Sun

Ce procrastinateur ne voit pas les tâches comme quelque chose qu’il veut accomplir, mais plutôt comme une suite d’obligations venues de l’extérieur.

Il est difficile pour lui de trouver la motivation d’accomplir des tâches complexes, selon M. Itamar Shatz, puisqu’il n’y trouve pas son compte.

La proactivité, selon lui et la Dre Yip, est la clé pour ces procrastinateurs : devancer les demandes venues de l’extérieur aide les contestataires à regagner le sentiment de contrôle qu’ils pensent avoir perdu.

Pas de solution facile

Parce qu’elle est à la fois le symptôme et l’origine d’émotions négatives, la procrastination tend à devenir un cercle vicieux dont il peut être difficile de se sortir, selon la Dre Fuschia Sirois.

«Les gens s’embourbent dans un cycle de procrastination chronique parce qu’ils n’arrivent pas à prendre en charge les émotions négatives liées à une tâche», explique-t-elle.

Pour s’en sortir, faire appel des professionnels de la santé peut parfois s’avérer nécessaire, selon le Dr Shatz.

Au final, l’important est de se croire capable de s’en sortir, selon Jenny Yip : «Si vous croyez en être capable, vous le serez. Si vous croyez que vous n’y arriverez pas, vous n’y arriverez pas. Dans tous les cas, vous aurez raison de croire ce que vous croyez.»

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