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Voir au-delà des profits

C’est une personne sur deux, à partir de la quarantaine, qui doit porter des lunettes, mais celles-ci coûtent cher et plusieurs personnes repousseront le moment d’en acheter.

Le bonhomme à lunettes, lui, croit que de bien voir est un droit. 

«Voir clair c’est devenu un luxe, un luxe que certaines personnes ne peuvent pas se payer», explique Philippe Rochette, opticien chez Le Bonhomme à lunettes. «Pour nous, c’est un besoin de base.»

L’opticien a créé un modèle d’affaires qui leur permet d’offrir des lunettes à bas prix et accessibles à tous.

«On fait des cliniques dans les organismes communautaires depuis maintenant 15 ans et on a fixé nos prix sur la charte de remboursement de l’aide sociale, afin que ça devienne accessible pour une majorité de la population», explique M. Rochette. «On essaie d’offrir, avec des choix judicieux au niveau de notre fournisseur, la meilleure qualité-prix.» 

De plus, une certaine proportion de chaque paire de lunettes vendue est remise à un organisme communautaire. 

«En fonction du volume qu’on fait, on finance les organismes avec lesquels on travaille», dit M. Rochette. «Depuis 2007, on a remis jusqu’à 1 million de dollars aux organismes communautaires.» 

Le Bonhomme à lunettes se tient loin des grandes marques pour continuer d’offrir des prix concurrentiels. 

Une dame rencontrée par notre journaliste Dominique Talbot affirme avoir payé seulement 220$ pour deux paires de lunettes, incluant les montures et les verres. 

«C’est un très bon prix et je ne pense pas qu’on puisse trouver ça à ce prix-là ailleurs», dit-elle. 

Sa propre marque de lunettes 

Afin de pousser la parodie du marketing un peu plus loin, le Bonhomme à lunettes a créé sa propre marque de montures. Vous pouvez donc vous procurer une monture appelée «Ma grand-mère», «Whatever», ou même «Bullshit». 

«De temps en temps, je crois que chaque citoyen réalise qu’il se fait un peu prendre pour le dindon de la farce par la publicité qui essaie de lui vendre un style de vie par la consommation», lâche M. Rochette. «Aussi bien en rire.» 

Cliniques mobiles 

De façon hebdomadaire, le Bonhomme à lunettes désert 65 points de service dans la grande région de Montréal.

«On va aussi jusqu’à la Baie James et ça peut arriver aussi qu’on se déplace en entreprise ou dans d’autres organismes qui veulent nous rencontrer pour avoir nos services», explique l’opticien. 

Bien que l’équipe du Bonhomme à lunettes soit composée d’opticiens certifiés, il y a toujours place à la rigolade au travail. 

«On est des militants comiques», lâche M. «On a la chance de pouvoir exercer notre travail de cette façon et au jour le ça se transmet dans la qualité du service.»

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