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Elle s’enlève la vie à 29 ans : «Laura est morte d’un cancer de l’âme»

L’histoire de Christine Caron, cette jeune femme qui s’est enlevé la vie à seulement 25 ans après avoir dénoncé dans une lettre le manque de ressources pour les personnes souffrant de problème de santé mentale a touché tout le Québec. 

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Des dizaines de témoignages de personnes souffrantes, ou qui ont perdu un proche par suicide, nous ont été transmis.

C’est le cas notamment de Louise Trépanier, qui a eu le courage de raconter à la télévision l’histoire de sa fille Laura Marcoux, qui s’est enlevé la vie le 7 mai 2022. 

Pourtant, rien ne laissait penser qu’elle était en détresse, raconte-t-elle en entrevue à Jean-François Guérin sur les ondes de LCN. 

Louise Trépanier | capture d'écran, TVA Nouvelles

«Elle était tellement pétillante, toujours en train d’aider les autres. Elle avait une vie extraordinaire, elle avait des amis et faisait toujours des activités. Elle semblait épanouie, rien ne pouvais nous dire qu’elle était souffrante», raconte Mme Trépanier. 

Seule ombre au tableau, Laura avait déjà eu des problèmes d’anorexie et de boulimie à l’âge mineur. Puisqu’il était difficile de la faire traiter en Abitibi, elle a été envoyée dans une clinique privée à Montréal. 

«Ça n’a pas vraiment fonctionné», se rappelle sa mère. Néanmoins, au fil du temps, Laura semblait se sentir mieux.

Elle est retournée vivre à Montréal à l’âge adulte où elle semblait mordre dans la vie à pleines dents. 

Autre son de cloche un peu particulier, le médecin de famille de Mme Trépanier, qu’elle voyait régulièrement, lui demandait toujours des nouvelles de sa fille. 

C’est après le suicide de Laura que sa mère a compris que Laura continuait de voir son médecin pour de la détresse. Le secret professionnel empêchait le médecin de dévoiler quoi que ce soit à sa mère.  

C’est en lisant le journal intime de son enfant que Mme Trépanier a compris l’ampleur de la souffrance de Laura.  

«Elle cachait sa détresse à tout le monde, même son conjoint. Elle a écrit dans son journal :‘’Pour cacher ma détresse, je me donne une note de 10 sur 10’’», raconte Mme Trépanier, qui ne comprend pas pourquoi elle n’en a pas parlé. 

Elle évoque une piste de réflexion. 

«Ces jeunes femmes-là (anorexiques et boulimiques) développent des méthodes pour cacher leur détresse parce qu’elles ont honte et ont des mécanismes pour la cacher. Laura a donc toujours vécu avec l’impression qu’il fallait qu’elle se cache», ajoute sa maman. 

Elle déplore le fait qu’il existe beaucoup de campagnes publicitaires qui incitent les gens à demander de l’aide, mais concrètement, elle est difficile à avoir.  

«Il n’y en a pas. Laura est morte d'un cancer de l'âme», laisse tomber Louise Trépanier. 

Laura Marcoux s’est enlevé la vie le 7 mai 2022. Elle aurait eu 30 ans en juin.

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE

Ligne québécoise de prévention du suicide

www.aqps.info 

• 1 866 APPELLE (277-3553)    

Jeunesse, J’écoute

www.jeunessejecoute.ca 

• 1 800 668-6868    

Tel-jeunes

www.teljeunes.com 

• 1 800 263-2266

ANEB Québec

https://anebquebec.com/

• 1 800 630-0907 

• 514 630-0907

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