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Golfe du Saint-Laurent: l’impact des violentes tempêtes inquiète

Photo fournie par Pêches et Océans Canada (MPO)

La tempête tropicale Fiona qui a secoué l'est du Canada en septembre dernier a provoqué une importante hausse de la température de l'eau du golfe du Saint-Laurent, une situation qui inquiète les experts. 

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Des mesures prises à 30 mètres de profondeur autour des Îles-de-la-Madeleine ont notamment fait état d'une augmentation de plus de 7 degrés pendant trois jours après les intempéries. Le mercure y est ainsi passé d’une normale de 4 degrés à 11 degrés.

«Un mélange complet de la colonne d’eau s’est opéré tout d’un coup, et c’est clair qu’il y a eu un stress pour certaines espèces, surtout celles à un stade critique de leur développement, jusqu’à ce que le système revienne à un nouvel équilibre, affirme le biologiste Nicolas Rolland de la direction régionale du ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO) à Moncton. Il sera super intéressant de pousser la science pour essayer de comprendre les impacts à long terme de ces grosses tempêtes, qui sont de plus en plus fréquentes.»

Le chercheur note entre autres que l’intense turbidité de l’eau provoquée par ces violentes tempêtes entraîne une très importante recirculation des sédiments dans la colonne d’eau en zones peu profondes. Ces particules fines peuvent recouvrir les frayères de poissons et même avoir un impact sur le déplacement de certaines espèces.

«Ce sont des changements qui sont très rapides et qui affectent l’ensemble de notre faune et flore», dit-il.

Le MPO constate depuis les années 1990 une augmentation graduelle des températures de masses d’eau du sud du golfe.

«Il y a des changements tant en surface, en profondeur et dans la couche intermédiaire, que dans le régime de glace, souligne M. Rolland. Et on voit une bonne corrélation entre les analyses des conditions physico-chimiques de l’eau et ce qu’on observe dans les changements de biomasse de plusieurs espèces. Certaines enregistrent une perte d’abondance de 80 % depuis 50 ans et sont sur le bord de disparaître.»

D’ailleurs, un nouveau record centenaire a été battu dans le golfe du Saint-Laurent l’an dernier, le ministère ayant enregistré une température moyenne de 7,08 degrés à 300 mètres de profondeur. Le précédent record, de 6,91 degrés, avait été enregistré en 2021.

Pour ce qui est de la température de l’eau de surface, elle a atteint de mai à novembre derniers une moyenne de 1,6 degré supérieure à la moyenne des 30 dernières années.

Photo fournie par Peter Galbraith

«Les mois d’août et de septembre étaient les plus chauds de nos séries temporelles par satellite, affirme l’océanographe physicien Peter Galbraith de l’Institut Maurice Lamontagne. Au mois d’août, qui coïncide avec le pic saisonnier, ça a monté jusqu’à 18 degrés moyenné sur le golfe. C’est un nouveau record de plus de 2 degrés supérieur à la climatologie.»

Et, comme l’eau est encore relativement chaude en cette fin janvier, elle entraine un important retard de la formation du couvert de glace.

«Il est déjà trop tard pour avoir une année normale de glace», soutient M. Galbraith.

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