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Une infirmière praticienne à la rescousse d'une urgence

L'ajout d'une infirmière praticienne spécialisée réussit à désengorger l'urgence de l'Hôpital général du Lakeshore, à Montréal, en accélérant le traitement des patients les moins prioritaires.

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Mercredi matin, avec 152% d’occupation, cette urgence du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal est l’une des plus achalandées de la province.

Dans la salle d'attente, 19 personnes patientent sur des civières depuis plus de 48 heures.

En 2022, 6% des 29 000 patients ayant visité l'urgence de l'Hôpital général du Lakeshore ont été redirigés vers des cliniques médicales environnantes, leur cas étant suffisament léger.

Mais cette stratégie n'a pas suffit à elle seule pour réduire la pression sur les équipes de l'hôpital. 

Le CIUSSS a donc décidé de faire appel à une infirmière praticienne spécialisée, une IPS, pour s'occuper rapidement des patients qui n'ont pas immédiatement besoin de voir un docteur. 

Cette IPS, c'est Stéphanie Tobiasz, et elle se démène à l'urgence l’Hôpital général du Lakeshore pour accélérer le traitement des cas les moins pressants, les «P3», «P4» et «P5», dans le jargon hospitalier.

«Ça peut être pour des fractures, pour des infections urinaires, pour des symptômes de la grippe, ça peut être des migraines», explique l’infirmière, qui détermine ses affectations de concert avec les médecins de l’hôpital.

«Elle peut les prendre en charge de manière complètement autonome et leur prescrire ce qu'ils ont besoin comme analyse de laboratoire ou comme radiographie, par exemple», renchérit Jérôme Ouellet, le directeur adjoint aux soins infirmiers du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

«On cherche à améliorer l’accessibilité et la fluidité des soins pour que les patients puissent retourner dans la communauté et vaquer à leurs activités quotidiennes», dit-il.

Grâce aux soins de Stéphanie Tobiasz, ce sont entre 15 et 30 patients par jour qui voient leur temps d’attente fondre.

«Il arrive que des patients qui auraient attendu 12 heures n’en attendent que quatre, ou même une heure», précise-t-elle.

Tanysha Huggins est une des patientes qui a bénéficié, mercredi, des soins de Mme Tobiasz.

Arrivée à dix heures avec une fracture au doigt, elle s'enthousiasme de l'efficacité de sa consultation: «il est midi et c'est déjà fini. C'est une des visites à l'hôpital les plus rapides de ma vie!»

«C'est vraiment super bien, je crois qu'on a besoin de plus d'infirmières», avance-t-elle.

Justement, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal envisage maintenant d'ajouter des infirmières comme Stéphanie Tobiasz dans les autres salles d'urgence sous sa gouverne, soit celles du Centre hospitalier de St. Mary et de l’Hôpital de LaSalle.

M. Ouellet, le directeur adjoint aux soins infirmiers, est lui aussi content des succès de l’initiative. 

Il avise toutefois que la présence d'une infirmière praticienne spécialisée ne constitue pas une invitation à la population à fréquenter son établissement.

«Ce qu'on veut lancer comme message à la population, ce n'est pas de venir à l'hôpital parce qu'il y a une infirmière praticienne, dit-il. Ce qu'on veut envoyer comme message, c'est qu'on fait des soins d'une manière différente pour la clientèle qui a vraiment besoin d’être à l'urgence.»

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