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Thérapie pour hommes violents: des organismes frappés par de longs délais

Bloc violence conjugale

Photo Shutterstock

Des hommes ayant des comportements violents se butent à des délais de plusieurs mois avant de pouvoir participer à une thérapie de groupe en raison de la demande qui a bondi en flèche depuis la campagne publicitaire gouvernementale s’adressant à la gent masculine.

Bien que les organismes observent une augmentation de leur clientèle, ce constat ne date pas d’hier selon la directrice générale d’Entraide pour Hommes, Geneviève Landry.

«Le problème des listes d’attente perdure depuis des années. Il y a eu des investissements massifs en violence conjugale, entre autres pour les organismes auprès des auteurs de violence. Notre équipe a doublé, mais la clientèle également. Plus on se fait connaître, plus il y a d'hommes qui demandent de l’aide», a-t-elle raconté au micro de Richard Martineau à QUB radio, mardi.

Mme Landry ajoute que lorsqu’un homme cogne à leur porte, c’est parce qu’il veut de l’aide maintenant, car c’est à ce moment que le fer est chaud. «S’il vient vers nous, c’est parce qu’il y a eu un geste de violence. Si on ne le prend pas, l'individu retournera chez lui et tentera de trouver des solutions par lui-même.»

Du même élan, elle a affirmé que c’est très honteux pour un homme d’avouer qu’il a des problèmes de violence. Bien que son organisme ne soit pas dans le jugement, Mme Landry a prévenu que les gestes ne sont jamais justifiés et que la violence conjugale demeure un acte criminel. En ce sens, le regroupement travaille toujours dans la responsabilisation afin que l’homme en question reprenne le pouvoir sur sa vie.

«On installe un lien thérapeutique permettant de travailler dans la confiance. L’objectif est de cesser les comportements violents.» D’ailleurs, Mme Landry a observé que ce qui va motiver un homme d’aller chercher de l’aide, c’est souvent les enfants.

Questionnée à savoir si la thérapie fonctionne, Mme Landry a répondu que la littérature scientifique indique que, dans 76 % des cas, il y a une diminution de la violence.

À ceux qui disent que ça prend deux personnes pour danser le tango et que la conjointe a provoqué son partenaire, la directrice est catégorique. «Si on veut enrayer le phénomène de violence conjugale au Québec, il faut comprendre que comme personne, j’ai toujours le choix de mes paroles, de mes gestes et de mes actions. La base est là. Tu as du pouvoir sur ta vie à toi, pas sur celle de l’autre personne.»

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