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Michael Sabia PDG d'Hydro-Québec: un choix qui divise les différents milieux

Même si la nomination de Michael Sabia au poste de président-directeur général d’Hydro-Québec n’a pas encore été officialisée par le gouvernement, ce serait lui qui prendrait les rênes de la société d’État. Les réactions sont nombreuses et divisées, mercredi, au lendemain de la nouvelle.

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En entrevue au TVA Midi, le président du Conseil de patronat du Québec, Karl Blackburn, accueille cette nomination avec beaucoup d’enthousiasme.

«Aujourd’hui, plus que jamais, on doit associer la finance et la transition énergétique. [...] Le choix de M. Sabia, s’il est confirmé dans les prochaines heures ou les prochains jours, est judicieux, compte tenu de sa feuille de route», explique-t-il. 

Le manque d’expertise de l’homme d’affaires, dans les secteurs de l’électricité et de l’énergie, est loin d’inquiéter M. Blackburn, qui reconnait la force de Michael Sabia de s’entourer des bonnes personnes. «Chez Hydro-Québec, il y a des gens qui sont des spécialistes dans le domaine de l’énergie, alors M. Sabia saura certainement s’entourer des meilleurs», ajoute-t-il.

L’ancienne présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, qui avait déjà recruté Michael Sabia à l’époque, croit qu’il s’agit d’un bon coup de la part du gouvernement de nommer cet homme à la tête du plus haut siège d’Hydro-Québec, même si ses connaissances dans le domaine énergétique sont limitées.

«Quand ce gars-là va ouvrir des livres, il va les connaitre du début à la fin. Il va donner des leçons aux experts. Il est travaillant et rigoureux, il va au fond des choses», mentionne-t-elle, en entrevue avec Mario Dumont.

Des doutes dans le secteur de l’énergie

D’un autre œil, la nomination de Michael Sabia, qui devrait être confirmé la semaine prochaine par Québec, ne fait pas l’unanimité. Dans le domaine de l’énergie, des experts restent sceptiques, relevant le manque d’expérience de l’homme de 69 ans dans ce secteur très technique. 

«On a besoin de quelqu’un qui va avoir une compréhension technique des enjeux pour comprendre où va le monde de l’énergie au cours des prochaines années», indique le directeur de l’Institut de l’énergie Trottier à la Polytechnique, Normand Mousseau.

Québec manquerait alors l’occasion de moderniser la pensée d’Hydro-Québec, décrit M. Mousseau, en entrevue.

Le titulaire de la chaire de gestion de l’énergie chez HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, s’est dit «surpris» par ce choix de la part de Québec. «Ce n’est pas quelqu’un du secteur de l’énergie, ce n’est pas un ingénieur, ce n’est pas quelqu’un qu’on connait pour son implication dans la transition énergétique...», dit-il à 100% Nouvelles.

Cette notoriété, notamment dans le secteur des finances, éblouit le milieu des affaires, mais fait craindre celui de l’énergie, qui ne se rapproche pas des compétences demandées pour exercer un poste de cette nature.

Tout reste à prouver dans le cas de Michael Sabia, selon M. Pineau, qui n’est pas connu dans le domaine énergétique. «C’est un homme de grandes capacités, car il a eu des responsabilités, il est en mesure de comprendre les secteurs. Maintenant, est-ce qu’il va être en mesure de bien comprendre le monde de l’électricité ?», ajoute le titulaire.

Michael Sabia a déjà occupé les fonctions de PDG chez Bell Canada, également à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Depuis 2020, il est sous-ministre au ministère des Finances du Canada.

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