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«Ça prend du monde pour s’occuper du monde»

TVA Nouvelles

Pour Régis Blais, vice-doyen de l’École de santé publique, les problèmes qui touchent le réseau de la santé affectent directement la prévention des chutes.    

«Des études montrent que la charge de travail, le nombre accru de patients par soignant et le temps supplémentaire obligatoire sont des facteurs de risque», illustre-t-il.   

Souvent, le renforcement naturel des muscles et de la mobilité du patient est le meilleur moyen de prévenir les chutes. Cependant, «si on n’a personne pour s’occuper du patient, le lever, le faire bouger, le garder mobile, le risque augmente. Moins on bouge, moins on est capable de bouger.» Régis Blais remarque également que la physiothérapie est peu commune dans les CHSLD.    

«On couche les patients, on met une barrière, on leur donne des médicaments, on les attache, mais on n’offre pas le service pour les garder actifs et renforcer leurs muscles.»     

Paul Brunet, porte-parole du Conseil pour la protection des malades, abonde dans le même sens. «Ça prend du monde pour s’occuper du monde. Pour diminuer la prise de médicaments des patients, ça prend du personnel pour les encadrer.»    

Sans cette présence, s’enclenche alors un cercle vicieux où moins les aînés sont actifs physiquement, plus ils sont à risque de faire une chute.   

Les aînés, parmi les plus touchés   

Les personnes âgées hébergées en CHSLD sont parmi les plus touchées par les «événements indésirables» recensés par le ministère de la Santé et des Services sociaux l’an dernier.      

Depuis 2002, le ministère est tenu d’avoir un registre des accidents et incidents qui surviennent dans ses établissements.     

Dans son rapport, on dénombre cette année 513 000 incidents, dont 43% ont eu lieu dans des CHSLD.      

Plus inquiétant, en 2017-2018, 421 personnes sont mortes à la suite de ces incidents. Plus précisément, 62% des décès sont reliés à des chutes.      

  

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